Gœthe a Schiller
Je vous remercie de tout cœur de m'avoir fait rassurer si promptement par votre chère femme, à qui j'adresse mes compliments affectueux, sur l'inquiétude que me laissait votre accès de fièvre. Je souhaite vivement que votre petit Karl (1) se remette promptement de la rougeole.
Moi aussi, je me suis trouvé souffrant dès mon retour. J'ai été repris par ma fluxion, et, pour avoir traité la chose trop légèrement, elle a empiré par degré, au point que je n'ai même pas pu faire mes adieux à Humboldt (2). A présent, le mal est sur son déclin. J'ai, entre temps, fait copier des parties du roman, et peut-être vous enverrai-je samedi prochain la première moitié du cinquième livre, qui fait un tout.
J'ai reçu les Heures.
Ci-joint un hireo-cerf (3) de la plus belle eau.
Meyer vous envoie ses amitiés ; il est très ardent à l'ouvrage.
Adieu ; dites-moi bientôt comment vous allez, vous et les vôtres, et à quoi vous travaillez. — ■ Weimar, le 10 juin 1795. — G.