Directeur du séminaire interne
Dieu de lui communiquer abondamment son esprit pour le départir aux autres. Si l’enfant qui est à la mamelle pouvait parler, il demanderait que sa mère fût bien nourrie, pour en recevoir sa nourriture ; de même, il doit en être ainsi des inférieurs, puisque les supérieurs et directeurs sont comme les mamelles qui doivent allaiter les autres. Quand le canal de notre maison est crevé, nous n'avons point d’eau. Ainsi il faut prier Dieu qu’il n’y ait pas d’obstacles dans les canaux, qui sont les supérieurs et directeurs.
95. — CONFÉRENCE DU 27 JUIN 1642 SUR L’UNION ENTRE LES MAISONS DE LA COMPAGNIE
Lettre d' un missionnaire à un de ses confrères Monsieur,
Le sujet de la conférence de ce soir m’a paru de telle importance pour le bien et maintien de la Compagnie, et les raisons qui y ont été déduites nous ont si oien éclairés sur ces matières, que je croirais faire tort à ma conscience si je ne vous en faisais part. Le sujet élait de l’union des maisons de la Compagnie. Le premier motif qui fut apporté, c’est que nous étions tous missionnaires et que nous ne faisons qu’un corps; ainsi, comme 11 y avait liaison très étroite entre les parties du corPs, de même il fallait qu’il y eût pareille union entre les membieo de la communauté; union qui devait s étendic dans 1 observation des mêmes règlements, memes façons d’agir, mêmes pratiques, même manière b prêcher, de catéchiser, de confesser; et que surtout
Entretien 95.
Recueil de diverses
exhortations , p. 12.
cette union devait être gravée dans les cœurs pour avoir même volonté et mêmes sentiments.
Le deuxième est que, par le moyen de cette union, on ne prétendrait pas aux petites satisfactions que la nature réclame; comme, par exemple, désirer aller plutôt clans une maison que dans une autre pour y vivre avec plus de liberté, puisque dans toutes on verrait les mêmes pratiques et les mêmes observances.
On rapporta aussi l’union des premiers chrétiens, desquels erat cor unum et anima una 1, l’union de l’Eglise dans les sacrements, dans le saint sacrifice et dans les cérémonies.
Le deuxième point regardait les moyens d’avoir cette union. Voici ce qui en fut dit par notre bon et très honoré Père, qui ne parla point touchant les motifs. Il dit que le premier et le meilleur moyen était de la demander à Dieu, qui était le moyen unissant, le père des unions, que c’était lui qui unissait les cœurs. « Eh ! demandons-la-lui donc », disait-il.
Le deuxième moyen était d’incliner son cœur vers tous ceux de la Compagnie et d’avoir une grande estime de tous les membres qui la composent.
Le troisième, sur lequel il a insisté, voici à peu près ses paroles :
C’est de parler toujours avantageusement de toutes les maisons de la Compagnie, et ne jamais dire : « On fait ceci, on fait cela » ; non jamais, que Dieu nous en garde ! O Messieurs, qui nous donnera l’esprit de notre pauvre fondatrice 2 ! Je puis rendre ce témoignage que non seulement elle ne disait jamais rien en mal de personne, mais ne trouvait à redire à quoi que ce soit et trouvait tout bien. O Messieurs, qui nous donnera cette