Evangile de saint Matthieu XVIII
que mes indignités et malices. » Pour ce qui est des négligences passées, hélas! quel remède saurions-nous apporter à présent plus efficace que le déplaisir de les avoir commises ! Et ensuite s’efforcer de glorifier Dieu et de l’honorer le plus qu’il nous est possible ce peu de temps qui nous reste. Or, il est certain qu’un des plus grands honneurs et la plus grande gloire que vous êtes plus capable de lui rendre à présent, c’est d’espérer de toute l’étendue de votre cœur en sa bonté et en ses mérites infinis, nonobstant cette indignité nécessaire et ces infidélités commises par le passé; car le trône de sa miséricorde est la grandeur des fautes à pardonner. C’est cette confiance qu’il attend de vous, afin de l’obliger par là à vous dire avec une affection de père, qu’il vous a portée de toute éternité : Hodie mecum eris in paradiso; hodie mecum eris in paradiso 4 . Consolez-vous et réjouissez-vous tout ensemble dans cette pensée et dans cette confiance filiale qu’il vous dit de là-haut ces mêmes paroles : Hodie mecum eris; et rendez-lui, mon cher frère, cette gloire à présent; c’est ici la belle occasion.
V oici encore le vrai temps de vous exercer beaucoup dans de fréquents et ardents actes d’amour vers notre cher Maître; et ces beaux actes d’espérance, si agréables a sa divine Majesté, que vous venez de faire, vous y doivent acheminer; car, s’il est si magnifique, si libéral et si bon que vous espérez, n’est-il pas vrai que vous avez grand sujet de vous éclater et dire : « O Dieu de mnn cœur! votre infinie bonté ne me permet pas de partager mes affections, ni d’en faire part à quelqu’autre -i \otre préjudice; oh! possédez, vous seul, mon cœur et mu liberté! Et comment pourrais-je souhaiter du bien