‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 143 sur 280 · SUR LA CHASTETÉ · texte numérisé non relu

SUR LA CHASTETÉ

Cette conférence contenait trois points : le premier, les raisons de conserver et acquérir la vertu de chasteté; le deuxième, les fautes qui se peuvent commettre contre cette vertu; le troisième, les moyens de l’acquérir ou de la conserver.

Premier point. — C’est un commandement de Dieu qui oblige de garder la chasteté, etc.; 2° nous l’avons promise à Dieu : il y a double péché à celui qui y contrevient, comme, en celui qui a fait le vœu, il y .a double mérite, ou pour le moins plus grand mérite; ainsi, etc.; 3° à cause de l’emploi des missionnaires, qui est de fréquenter beaucoup de personnes de l’un et l’autre sexe, etc.

Deuxieme point. — Fautes qui se peuvent commettre contre cette sainte vertu : i° en pensées; 2° en paroles; 3° en œuvres; 40 en omissions.

En paroles : ne jamais dire de mots tendant à ce péché-là, et ne point souffrir aucune mauvaise pensée sale en notre esprit.

Par œuvres : oh ! c’est ce qui ne doit pas seulement être nommé, et il ne faut jamais souffrir personne dans la Compagnie qui en soit venu là. Les Pères jésuites sont exacts à renvoyer ceux qu’ils voient sujets à ce

maudit péché, et c’est ce qui fait qu’on n’entend point parler d’eux.

1 ar omissions, ne faisant pas ce que Dieu veut qu’on

fl^n!v^en ***' v Manuscrit des répétitions d’oraison, f° 9. Dans sa rhn ^ - I)roces béatification de saint Vincent, le frère Pierre KobineaudCC ^ 6 IeSUmé de Cette con^rence est du frère Louis

fasse pour s’en exempter, ne se servant pas des moyens qu’on nous a donnés. Se toucher est une grande faute, se regarder, ouïr, etc., se coucher indécemment, avoir aversion à la mortification, se dorloter, être bien accommodé, traité à la maison, aux champs, se faisant servir des meilleures et plus délicates viandes, du meilleur vin; tout cela ce sont des fautes contre cette sainte vertu de chasteté.

Troisième point : Moyens . • — - Le premier est de boire peu de vin, et ce peu, le bien tremper d’eau; le deuxième, de ne parler point seul à seul aux femmes, ne leur point écrire de lettres, couper court avec elles; le troisième, ne point prendre la direction des religieuses. Si l’évêque le commandait, lui représenter les raisons que nous avons de ne le point faire.

Oui, mais, me dira-t-on, vous, Monsieur, vous le faites bien. — -Je réponds qu’il est vrai que le bienheureux François de Sales me* chargea de la direction de la maison de la Visitation de cette ville, tout misérable que j’étais, et que la bienheureuse Mère de Chantal me pressa de le faire. Il y a néanmoins dix ou douze ans 1 que je priai les religieuses de m’en excuser, et je fus dix-huit mois sans les aller voir. Elles recoururent à Madame la marquise de Maignelay, et Monseigneur le coadjuteur, qui est à présent Monseigneur le cardinal de Retz, me. commanda de continuer. Et depuis la mort de Monseigneur l’archevêque de Paris, ayant pris mon temps pour m’en excuser, elles m’ont fait commander par messieurs les grands vicaires de continuer; mais, s’il plaît à Dieu que Monseigneur le cardinal de Retz revienne 2, je ferai auprès de lui tout ce que je pourrai pour m’en décharger.

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