‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 188 sur 280 · Première épître de saint Paul aux Corinthiens II · texte numérisé non relu

Première épître de saint Paul aux Corinthiens II

c’est la considération des grands fruits qui se sont ensuivis des prédications faites dans cette méthode. Je n’aurais jamais fait s’il fallait que je racontasse la moindre partie de ce qu’il a plu à Dieu opérer avec la méthode. Nous en avons tant d’exemples, que je n’achèverais de ce soir. Prenons-en seulement un ou deux, afin de pouvoir mieux découvrir les grands profits de la petite méthode. En voici un, qui n’a point de semblable, d’une chose qui n’est point venue jusqu’à nous; je n’ai jamais ouï dire, moi qui suis tout blanc, je n’ai jamais ouï dire que prédicateur, quel qu’il soit, en soit venu là. O Sauveur ! ô Sauveur ! les bandits, plusieurs de vous autres, Messieurs, le savez, les bandits sont les voleurs d’ftahe; ils tiennent la campagne, volent et pillent partout; un homme criminel, un meurtrier; et il arrive beaucoup de meurtres en ce pays-là, à cause des vindictes, qui y sont extrêmes; ils se mangent les uns les autres, sans se pardonner jamais, tellement ils sont enragés. Telles sortes de gens, après s’être défaits de leurs ennemis pour fuir la justice, et même beaucoup d’autres méchants, se tiennent sur les avenues, habitent les bois pour voler et dépouiller les pauvres paysans. On les appelle bandits. Et ils sont en si grand nombre que toute l’Italie en est remplie; il y a peu et presque point de villages où il n’y ait des bandits. Or donc, la mission ayant été faite dans quelques-uns de ces villages, les bandits qui y étaient ont quitté ce maudit train de vie et se sont convertis, par la grâce de Dieu, qui a voulu en cela se servir de la petite méthode. Chose jusqu’à nous inouïe, inouïe! Jamais on n’avait vu, pour quoi que ce soit, les bandits quitter leurs voleries. Et voilà, Messieurs, ce qu’il a plu à Dieu opérer par cette pauvre et chétive Compagnie, prêchant selon la petite méthode.

O Sauveur ! n’est-il pas vrai, Monsieur Martin, que

les bandits en Italie se sont convertis dans nos missions? Vous y avez été, n’est-il pas vrai? Nous sommes ici dans un familier entretien; dites-nous, s’il vous plaît, comme cela s’est fait.

M. Martin : « Oui, Monsieur, cela est ainsi ; dans les villages où on a fait mission, les bandits, comme les autres, sont venus à confesse; cela arrive ainsi pour l’ordinaire. »

— - O Sauveur ! chose prodigieuse ! Les bandits convertis par les prédications faites dans la petite méthode! O Messieurs ! les bandits convertis !

Mais voici l’autre petit exemple, qui n’est guère moins admirable. L’on m’écrivait, il y a quelque temps, de L’Ausun, que l’on avait fait la mission à ... C’est un village sur les côtes de la mer ; et c’étaient encore ici des séminaristes, oui, des séminaristes, qui ont fait cette mission; il y avait peut-être quelqu ’ autre ; mais certainement il y avait deux séminaristes, sans doute avec quelqu’autre. Un navire avait fait naufrage sur cette côte; les marchandises et autres choses dont ce navire était chargé furent portées sur le bord; tout ce village dont je vous parle et les environs y accoururent comme au pillage et emportèrent tout ce qu’ils purent attraper, qui un ballot, qui des étoffes, qui d’autres hardes, bref chacun emporta ce qu’il put attraper, sans aucune conscience; c’était voler ces pauvres et malheureux marchands qui avaient fait naufrage. La mission ayant donc été dans ces villages par la petite méthode, on a fait rendre ce qui avait été pris à ces pauvres marchands; après qu’on les eut exhortés et prêchés selon la méthode, ils se déterminèrent à restituer tout. Les uns rapportaient des ballots; les autres, des étoffes; les autres, de l’argent; les autres s’obligeaient ; n’ayant pas de quoi satisfaire d’abord, ces bonnes gens donnaient des obligations.

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