Evangile de saint Matthieu III
me persuade que, puisqu’il n’y en a point qui fasse de si grands fruits, d n’y en a point qui soit si bonne, et qu’elle le doit emporter sur toutes les autres, au moins auprès de nous, qui ne cherchons que le salut des âmes.
Nous savons que c’est la méthode du Fils de Dieu et des apôtres, et de laquelle se sont servis et se servent encore de très grands personnages, non pas nous seulement, pauvres misérables; c’est la méthode des prédicateurs qui font miracle, de Nosseigneurs les évêques, des docteurs. M. l’évêque de ... me disait que, quand il prêcherait cent mille fois, il n’aurait jamais d’autre méthode. M. de Sales, ce grand homme de Dieu, m’en disait de même, et tant d’autres, tant d’autres, ô Seigneur ! que j’ai honte de nommer.
Et ne vous persuadez pas, Messieurs, que cette méthode n’est que pour la campagne, pour le menu peuple, les paysans. Ah ! elle est, à la vérité, très excellente pour le peuple, mais elle est aussi bien efficace pour les auditeurs plus capables, pour les villes, pour les villes, dans Paris, dans Paris même. Dans la mission qui fut faite à Saint-Germain, le monde y accourait de toutes parts, de tous les quartiers de cette grande ville; on en voyait de toutes les paroisses, et des personnes de condition, des docteurs, des docteurs même. On ne prêcha à tout ce grand monde que suivant la petite méthode. M. l’évêque de Boulogne 6, qui portait la parole, n’en eut jamais d’autre. Et quel fruit ne fit-on pas! Dieu! quel fruit! quel fruit! On fit des confessions générales, aussi bien que dans les villages, et ce fut avec grande bénédiction. Or sus, Dieu! vit-on jamais tant de monde converti par toutes les prédications raffinées? Caeli caelorum! Cela passe par-dessus