Première épître aux Corinthiens VT
adhère plus à Dieu que celui qui ne fait jamais que la 'volonté du même Dieu, et jamais la sienne propre, qui ne veut et ne souhaite autre chose que ce que Dieu veut ou ne veut pas? Je vous demande, Messieurs et mes frères, si vous en savez quelqu’un qui adhère plus à Dieu, et par conséquent qui soit plus uni à Dieu que celui-là.
Si donc il est ainsi, que personne ne renonce jamais plus à soi-même et ne suit si parfaitement Notre-Seigneur que celui qui conforme entièrement sa volonté à celle de Dieu, et n’adhère si parfaitement au même Dieu que celui qui ne saurait vouloir que ce qu’il veut ou ne veut pas, il faut conclure nécessairement que nul homme n’est si parfaitement uni à Dieu et ne fait un même esprit avec lui, que celui qui fait ce que je viens Me dire. O Messieurs, ô mes frères, si nous considérions bien cela, que nous verrions un moyen d’acquérir en cette vie un grand trésor de grâces !
La pratique de la présence de Dieu est fort bonne, mais je trouve que se mettre dans la pratique de faire la volonté de Dieu en toutes ses actions l’est encore plus; car celle-ci embrasse l’autre. D’ailleurs, celui qui se maintient en la pratique de la présence de Dieu peut quelquefois ne pas faire pour cela la volonté de Dieu. Et dites-moi, je vous prie, n’est-ce pas être en la présence de Dieu que faire la volonté de Dieu et avoir soin de dresser son intention pour cela au commencement de chaque action et de la renouveler dans le progrès ? Quel est celui qui se maintient davantage en la présence -de Dieu que celui qui, depuis le matin jusqu’au soir, fait tout ce qu’il fait pour lui plaire et pour son amour? N’est-ce pas là un exercice continuel de la présence de Dieu, que faire toujours sa sainte volonté? Allons-nous a l’oraison, c’est faire la volonté de Dieu et obéir à la
règle qui l’ordonne; allons-nous aux examens, c’est faire la volonté de Dieu; jusque-là même au dîner et au souper et au dormir dans le temps que la règle le veut, tout cela est faire la volonté de Dieu.
Et adressant la parole aux frères :
Oui, mes frères, vous pouvez être aussi agréables à Dieu en travaillant à votre office, soit à la cuisine, à la dépense, que nous autres prêtres en prêchant et catéchisant; et vous faites ce que Notre-Seigneur a fait pendant trente ans, et nous autres, nous faisons ce qu'il a fait pendant trois ans seulement. Plaise à Dieu nous faire la grâce de nous mettre en cette sainte pratique !