‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 212 sur 280 · ÉLOGE DU ZÈLE DE JEAN LE VACHER · texte numérisé non relu

ÉLOGE DU ZÈLE DE JEAN LE VACHER

Je recommande aux prières de la Compagnie nos missionnaires qui sont en Barbarie, dont j’ai reçu des nouvelles : les unes nous donnent sujet de consolation, et les autres d'affliction; celles de Tunis consolent et celles d’Alger affligent.

Notre M. Le Vacher avait été chassé par le dey au sujet qu’il disait qu’il empêchait, de son côté, qu’on n’apportât des toiles pour faire des voiles de navire à Tunis, et pour cela il l’avait renvoyé. En effet, il avait contribué à ce que de Marseille on n’apportât point de ces toiles, etc. ; et il empêchait les marchands chrétiens, parce qu’il y a excommunication du Pape à ceux qui transportent de ces toiles, armes ou autres choses qui

Entretien 144. — Vie manuscrite de Jean Le Vacher, p. 16. i. Cet entretien est postérieur au 14 mai 1655, jour où le jubilé fut publié à Rome, et antérieur au 19 mars i656, jour où saint Vincent lut à Saint-Lazare la bulle du jubilé.

peuvent servir contre les chrétiens. Mais enfin le consul lui a remontré que le roi de France trouverait mauvais qu’on eût chassé celui qu’il avait envoyé, et il l’a rappelé. Il y est retourné, et ces pauvres esclaves sont venus au devant, qui louaient Dieu, qui se jetaient sur lui pour l'embrasser, qui disaient, l’un : « J’ai jeûné pour cela » ; l’autre : « J’, ai entendu tant de messes »; et un autre : « J’ai fait tant de prières. » Chacun avait fait quelque chose pour le rappeler. Les pauvres gens ne savaient que faire pour lui témoigner leur joie. Il est leur sauveur; il est leur sauveur; et s’il y a des anges que Dieu envoie en purgatoire pour consoler les âmes, de même, etc. Messieurs, qui dit missionnaire dit sauveur; nous sommes appelés pour sauver les âmes; voilà pourquoi nous sommes ici. Nous acquittons-nous de ce devoir? Sauvons-nous les âmes?

Retournons à Tunis, où notre M. Le Vacher fait l’office de sauveur. Il a publié le jubilé; il n’a pas seulement le loisir de m’écrire; c’est un autre qui m’a écrit; c’est M. le consul. Telle est la presse que font ces pauvres captifs pour ce jubilé, qu’ils ont de delà et que nous n’avons pas encore. Grand sujet de consolation et de remercier Dieu !

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