‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 213 sur 280 · RÉPÉTITION D'ORAISON DU 20 FÉVRIER i · texte numérisé non relu

RÉPÉTITION D'ORAISON DU 20 FÉVRIER i

Décision de la Sorbonne contre Arnauld et ses partisans. — Remerciements dus à Dieu pour la grâce qu’il a faite à la Compagnie de ne pas tomber dans le jansénisme.

A la répétition de l’oraison, M. Vincent dit, sur la fin d’icelle, que la faculté de Sorbonne avait donné son décret par lequel elle a censuré les opinions de Janse-

Entretien 145. - — Manuscrit des répétitions d’oraison, f° 35

nius touchant les points dont l’affaire avait été même portée au parlement par le sieur Arnauld et ses adhérents, et que ladite société de Sorbonne avait déclaré ledit sieur Arnauld indigne de la qualité de docteur, de laquelle il demeurera privé, et de tous les honneurs et privilèges qui lui étaient dus en cette qualité, faute d’être venu signer et se soumettre à ladite censure, et qu’il sera tenu pour hérétique, ainsi que tous ses adhérents qui ont soutenu son parti, jusqu’à ce qu’ils soient venus signer ladite censure; que le décret porte encore que nul dorénavant ne sera reçu à soutenir pour se faire passer bachelier, qu’il n’ait signé ladite censure; que nul docteur ne sera admis à professer la théologie, qu’il, n’ait premièrement signé ladite censure.

Après que M. Vincent eut raconté ceci à la Compagnie, il la pria de rendre grâces à Dieu de tout cela, et particulièrement de ce qu’il avait fait la grâce à la même Compagnie de la Mission de ne s’être point trouvée enveloppée dans les erreurs de ces gens-là. O Messieurs, quelle protection de Dieu sur la petite Compagnie ! quelle grâce spéciale de voir qu’elle s’est trouvée dans la pureté de la doctrine de l’Eglise! Bref, quelle grâce sa divine Majesté ne lui a-t-elle point faite de s’être purgée de tout ce qui était contraire à la pure vérité et à la doctrine de Notre-Seigneur et des saints! Oh! que d’actions de grâces nous avons à rendre à Dieu, la Compagnie en général et chacun de nous en particulier, de ce qu’il n’a pas permis que nous fussions tombés dans le malheur de tant de personnes, même des plus capables de ce temps, qui se sont laissées aller malheureusement à ces opinions nouvelles mauvaises! Pour moi, j’ai toujours regardé et considéré pour des saints tous ceux que j’ai vus se maintenir dans la vérité de la doctrine et résister à ces mal-

heureuses opinions, et je les regarde et considère comme tels,

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