SUR LES SORTIES EN VILLE
La conférence contenait les raisons que la Compagnie avait de se bien comporter en allant en ville; au deuxième point, quelles fautes l’on y peut faire; et au troisième point, les remèdes à ces fautes.
M. Vincent recommanda fort à la Compagnie de se comporter avec la plus grande modestie que l’on pourrait, afin de ne scandaliser personne; de ne point porter son manteau d’une façon facétieuse et qui passe la modestie ecclésiastique. Il dit que ces messieurs de la Conférence des mardis avaient fait une conférence sur ce sujet et qu'il n’avait pas ouï dire, depuis, que quelqu’un eût manqué à porter son manteau autrement que
Entretien 156. — Manuscrit des répétitions d’oraison, f° 43 v°.
dans la bienséance et la modestie de vrais ecclésiastiques; que l’on ne doit point choisir son compagnon, ni demander celui-ci ou celui-là, mais se contenter de celui que le supérieur donnera; et que, pour cet effet, il renouvelait le bon propos qu’il avait fait, de ne jamais accorder à un de la Compagnie qui devra aller en ville la personne qu’il lui demandera pour compagnon.
Et s’adressant à Messieurs Alméras et Admirault, officiers, il leur dit ces paroles :
Et vous, Messieurs, je vous prie de ne jamais accorder à ceux qui iront en ville, les personnes qu’ils vous demanderont pour compagnons; car, voyez-vous, Messieurs, cela est de bien grande conséquence, pource que cela ne se fait jamais que pour quelque dessein. Et de fait nous en avons vu des exemples en des personnes qui ne sont plus maintenant dans la Compagnie, et ce qui s’en est ensuivi. Je me souviens entre autres d’un qui demandait toujours d’avoir pour compagnon tel autre; et cela, pourquoi? C’était pour aller au cabaret. Aussi ces gens-là ne la firent pas longue b Ou bien c’est pour aller en cette maison-là ou celle-là, où ils ne veulent pas que le supérieur sache, et cela est contre la règle, qui est, etc.
Il ajouta qu’il faut, dans les affaires qu’on a à négocier ou à traiter, se comporter avec grande discrétion et modestie : si c’est avec un magistrat, regarder la justice de Dieu en lui; si avec le roi, si nous étions de condition pour cela, considérer la majesté de Dieu en lui; et ainsi regarder chaque condition des personnes avec lesquelles on a à traiter, et prévoir la manière avec laquelle on se doit comporter, la manière de traiter les affaires avec eux, de leur parler; et ainsi du reste.
i. En marge : Nota que ceux dont M. Vincent parle ici fuient obligés de sortir bientôt de la Compagnie après telles fautes.
Et ensuite mondit sieur Vincent demanda pardon à la Compagnie de ce que, faute de s’être bien comporté, il avait tant laissé de bien à faire, qu’il aurait fait s’il se fût bien comporté et eût agi comme il pouvait et devait; et d’autre part, qu’il aurait beaucoup évité de mal des fautes de scandale qu’il avait causées, et il se mit à genoux pour cela.
Il dit de plus qu’il faut aller saluer Notre-Seigneur en sortant de la maison pour aller dehors et lorsque l'on revient de dehors à la maison 2.