SUR LA PARABOLE DU GRAIN DE MOUTARDE
La fidélité aux règles et aux usages reçus assure le progrès spirituel ; la négligence sur ce point prépare la ruine des particuliers et des communautés. — Services rendus par la maison de Marseille aux novices de Saint-Victor.
M. Vincent, notre très honoré et bienheureux Père, a commencé par recommander les missionnaires de Rome et puis ceux de Gênes au sujet de la peste, qui y avait augmenté, à ce qu’on disait. Il a de plus recommandé notre très Saint-Père le Pape, le sacré collège de Nosseigneurs les cardinaux, Messieurs Desdames et Duperroy, et a dit que le premier, M. Desdames, a eu la peste et en est guéri, par la grâce de Dieu; de quoi je prie la Compagnie de remercier Dieu. Voyez un peu la grâce de Dieu et combien il a soin de ses serviteurs. O Messieurs, ô mes chers frères, croyez-moi, il n’y a rien de tel que d’être fidèle à Dieu et de persévérer dans le bien que l’on a une fois entrepris. « Pource que tu as été fidèle en peu, je te constituerai sur beaucoup », dit Dieu h Soyons donc fidèles, fidèles en la pratique de nos règles, fidèles dans l’observance des saintes coutumes de la Compagnie, fidèles dans l'observance des bonnes œuvres que nous avons entreprises, bref, fidèles en toutes choses.
Et qu’arrivera-t-il de cela, mes frères ? Il arrivera que nous avancerons en la vertu de jour en jour, comme ce petit grain de moutarde, lequel étant fort petit, cependant le voilà qui devient un grand arbre avec ie temps; ainsi j’espère que, si la Compagnie est bien fidèle à exécuter ponctuellement ses réglés et tous les
Entretien 162 — Manuscrit des répétitions d’oraison, f° 52t. Evangile de saint Matthieu XXV, 21.