Nicolas Duperroy, missionnaire en Pologne
dans un pays étranger! » Voilà ce que dirait un homme de chair, qui adhérerait à ses sentiments naturels et qui n’entrerait pas dans ceux de Notre-Seigneur souffrant, en constituant son bonheur dans les souffrances. Oh ! que ce sien serviteur nous fait une belle leçon pour aimer tous les états où il plaira à la divine Providence nous mettre !
Pour l’autre 3, voyez comme depuis si longtemps il travaille avec une paix d’esprit et une assurance merveilleuses, sans se lasser de la longueur des travaux, ni se rebuter des incommodités, ni s’étonner des périls. Ils sont tous deux indifférents à la mort et à la vie, et humblement résignés à ce que Dieu en ordonnera. Ils ne me marquent aucun signe d’impatience, ni de murmure; au contraire, ils paraissent disposés à souffrir encore davantage.
En sommes-nous là, Messieurs et mes frères? Sommes-nous prêts d’endurer les peines que Dieu nous enverra, et d’étouffer les mouvements de la nature pour ne vivre plus que la vie de Jésus-Christ? Sommes-nous disposés d’aller en Pologne, en Barbarie, aux Indes lui sacrifier nos satisfactions et nos vies? Si cela est, bénissons Dieu. Mais si, au contraire, il y en a qui craignent de quitter leurs commodités, qui soient si tendres que de se plaindre pour la moindre chose qui leur manque, et si délicats que de vouloir changer de maison et d’emploi, parce que Pair n’y est pas bon, que la nourriture y est pauvre, et qu’ils n’ont pas assez de liberté pour aller et venir; en un mot, Messieurs, si quelques-uns d’entre nous sont encore esclaves de la nature, adonnés aux plaisirs de leurs sens, ainsi que l’est ce misérable pécheur qui vous parle, qui, en l’âge