‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 3 sur 280 · Voir p · texte numérisé non relu

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b. Voir t. XII, p. 190.

Vincent de Paul aimait à faire étalage de son ignorance; il y trouvait autant de joie que d'autres à montrer leur savoir. Interprétant un jour ce s paroles du psalmiste : « Ut jumentwn factns sum apnd le » 7, il fut embarrassé par la traduction, dans le doute où il était si le mot jument était masculin ou féminin. Tout autre aurait tourné la difficulté; c’était facile; il s’en garda bien, heureux d’avoir une nouvelle occasion de s’humilier. « Je me suis comporté envers Dieu et les hommes, dit-il8, ainsi que la jument ou le jument. Je suis si bête que je ne sais s’il faut dire le ou la jument. » Il serait difficile de trouver une si aimable simplicité jointe à une si grande humilité.

A la simplicité s’ajoutait la chaleur, une chaleur communicative qui remuait profondément les cœurs, parce qu’elle découlait d’un cœur tout imprégné luimême des vérités qu’il annonçait, du cœur d’un saint. Rien ne sert mieux un orateur qu’une conviction profonde. Deux mots qui tombent de sa bouche produisent souvent plus d’effet qu’un long discours. Rien qu’avec ces interjections, qui lui étaient familières : « O Jésus! mon Dieu! ô Sauveur! » saint Vincent trouvait le moyen d’émouvoir ceux qui l’entendaient, tant étaient expressifs le ton de sa voix et le jeu de sa physionomie.

On a cité à bon droit comme un des meilleurs morceaux d’éloquence ce passage emprunté à l’une de ses conférences : « Je vous- donne à penser, mes frères, en quel danger est maintenant notre pauvre

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