Voir t. XII, p
frère le consul d’Alger, et tant de pauvres chrétiens esclaves français... O Sauveur! ô mon Sauveur! que deviendront ces pauvres gens ? Que feront-ils ? Mais que fera notre pauvre frère, cet homme qui a quitté son pays, sa patrie, ses parents, le lieu de sa naissance, où il pouvait vivre doucement ? Et cependant il a quitté tout cela peur Dieu, pour servir Dieu, pour assister son prochain, c’est-à-dire ces pauvres esclaves! M. Bourdaise, mes frères, M. Bourdaise, qui est si loin et tout seul, et qui, comme vous avez su, a engendré à Jésus- Christ, avec tant de peine et de soin, grand nombre de ces pauvres gens du pays où il est, prionsaussipourlui. M. Bourdaise, êtes-vous encore en vie, ou non ? Si vous l’êtes, plaise à Dieu vous vouloir conserver la vie! Si vous êtes au ciel, priez pour nous9. »
« Un tel passage, écrit M. l’abbé Brémond10, ne devrait-il pas nous être familier à tous et dès nos années de collège ? N’est-il pas digne d’être comparé aux trois merveilles du genre : David pleurant Jonathas; Montes Gelboe...\ Virgile; Heu si qua fata; et saint Bernard dans l’oraison funèbre de son frère ? »
Personne n’échappait à la séduction de cette parole. Les dames de la Charité et les prêtres de la Conférence des mardis étaient aussi captivés que les Filles de la Charité et les missionnaires. On se plaît à citer comme un modèle d’éloquence ce qu’il dit un jour sur les enfants trouvés dans un de ses discours aux dames qui en prenaient soin. On sait tout ce qu’il obtenait d’elles pour ses bonnes œuvres. On