‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 5 sur 280 · Voir t. XII, p · texte numérisé non relu

Voir t. XII, p

10. Histoire littéraire du sentiment religieux en France , t. III, p. 234.

connaît ces mots de la lettre que Bossuet adressa au Pape Clément XI 11 : « Quand, attentifs, nous l’écoutions parler dans quelque conférence, nous sentions s'accomplir en lui ce mot de l’Apôtre : Si quelqu'un parle, que ses paroles soient comme des paroles de Dieu 12. »

Ce qui édifiait par-dessus tout dans les entretiens du saint prêtre, c’était l’humilité avec laquelle il parlait de lui-même. Quel que fût le sujet, il trouvait toujours le moyen de s’abaisser devant sa communauté. A l’entendre, nul n’avait plus mérité que lui la colère de Dieu, parce que nul n’avait plus abusé de ses grâces.

A la répétition d’oraison du 26 juin 1642, un frère coadjuteur eut la naïveté de dire qu’il était confus de profiter si peu des bons exemples de M. Vincent et des nombreuses merveilles qu’il voyait en lui. Le bon saint le laissa continuer, puis, prenant la parole à son tour : « Mon frère, nous avons cette pratique parmi nous de ne louer jamais personne en sa présence » ; et il ajouta qu’il était bien une merveille, mais une merveille de malice, pire que le démon, qu’il avait mérité cent fois l’enfer et qu’il ne fallait voir aucune exagération dans ses paroles13.

Pour trouver matière à humiliation saint Vincent remontait jusqu’au temps déjà lointain de sa dernière visite à sa famille14, et même jusqu’aux années où,

11. « Quem cum disserentem , avidi, audiremus , t une imfleri senliebamus ap'ostolicum illud : Si quis loqintur , tamquam scrmones Dei. »

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