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observances, qu’elles marchent modestement et qu’elles ne reviennent pas à leur humeur, oh ! c’est l’esprit du diable, c’est imiter en cela le démon. C’est pourquoi il faut bannir ce vice de la Compagnie. Que jamais la moquerie n’y trouve lieu S Oh! il ne faut jamais se moquer de ceux qui font le bien.
Une autre maxime du monde, c’est de n’ouvrir pas facilement son cœur. Les bonnes âmes, au contraire, exposent simplement leurs pensées; elles ne parlent point contre leurs sentiments. Mais la maxime du monde est de faire des équivoques, des tricheries et de dissimuler ce qu’on pense pour surprendre les autres. Les gens de bien, au contraire, vont rondement et n’usent point de détours. C’est ce qu’il faut que vous fassiez, mes sœurs. Ne refusez jamais de dire vos dispositions intérieures, quand vos supérieurs vous les demandent; n’attendez pas même qu’ils vous les demandent, mais faites-le de vous-mêmes, surtout quand vous avez quelque chose qui vous fait peine.
On estime encore dans le monde la gentillesse, le bon esprit, qui sait bien parler et faire des réparties à propos. Ah ! quand vous en voyez parmi vous qui louent ces choses, qui ont en estime ces maximes, mes sœurs, affligez-vous, pleurez leurs misères et dites : « Quoi ! mon Dieu! faut-il qu’il y ait encore des personnes dans la Compagnie qui conservent cet esprit du monde, le dissipateur des grâces que Dieu a données à la Compagnie ! Nous sommes venues ici pour faire divorce' avec le monde, et nous voulons suivre ses façons de faire l Ah ! ce n’est pas ce que Notre-Seigneur demande de Voilà, mes sœurs, comme vous devez avoir horreur de tout ce qui approche tant soit peu des maximes du monde, et faire la guerre au penchant que ' Qus y pourriez avoir, jusqu’à ce que vous l’ayez entièrement détruit. Evitez les entretiens des gens du monde.
Si vous voulez suivre Jésus-Christ, il faut faire divorce avec les personnes du monde qui lui sont contraires. Et quand vous voyez qu’on estime les choses du monde, cest mauvais signe; défiez-vous d’une telle personne. Si 1 on disait : « Ah ! mon Dieu ! qu’une telle sœur est bien venue dans la Compagnie ! que les dames l’aiment! a ayez horreur de cela. C’est une maxime du monde, mes sœurs. Il ne faut jamais louer les grâces naturelles dans une personne qui s’est donnée à Dieu, ni blâmer celles qui n’en ont pas tant.
Les maisons bien réglées ont cela pour pratique de ne' louer jamais les talents naturels; on n’y estime que la vertu; et s il y a une personne d’esprit qui compose des livres, qui écrit bien et qui chante en perfection, on ne s’entretient point de cela, parce que cela ne le mérite pas, n’étant que des choses indifférentes. Ainsi, vous autres, ne vous amusez point à ces bagatelles, qui ne servent qu’a perdre' le temps et empêcher les âmes de s’occuper en de saintes pensées avec Dieu. Mais savezvous ce qu’il faut louer ? C’est la vertu, l’exactitude' aux règles. Quand vous voyez une sœur qui aime la pauvreté, qui choisit le pire pour elle et garde le meilleur pour son prochain, qui ne voudrait point faire la moindre chose contre l’ordre de ses supérieurs, oh ! c’est cela qu’il faut estimer. Il n’y a point de danger à s’entretenir de ces choses et à se dire les unes aux autres pour s’encourager : « Ma sœur, n’avez- vous pas remarque la vertu d’une telle sœur, comme elle sert les malades avec douceur, combien cette autre est soigneuse de s’avancer dans la vertu ? Elle ne voudrait point perdre la moindre occasion de la pratiquer. » Voilà ce qu’il faut louer, et jamais d’autres choses; oh! jamais! Au contraire, il ne faut pas parler de la beauté, de l’adresse, de la facilité à s’énoncer, de la bonne voix d’une fille, ni de ce quelle sait bien écrire. Cela n’en vaut pas la peine.
Et parce qu’il y a une maxime du monde qui dit que, pour être quelque chose, il faut se faire valoir, vous devez avoir en horreur celle-là comme les autres. Ah l mes sœurs, c’est le propre du diable qui cherche à paraître, à éclater et faire voir ce que nous croyons propre à nous attirer l’estime des autres. Ah ! par malheur, s’il y en avait parmi vous qui se sentissent atteintes de ce vice, qu’elles s’en repentent et s'humilient devant Dieu, disant : « Ah ! misérable que je suis ! où sont les vertus qu’une Fille de la Charité doit avoir? Je n’ai à leur place que de l’orgueil et des pratiques contraires à celles de Notre-Seigneur. » Il faut donc s’humilier et demander pardon à Dieu, quand on connaît être tombé en quelque maxime du monde.
Non seulement il faut ne pas vouloir qu’on vous regarde par-dessus les autres; mais il faut, pour imiter Notre-Seigneur, fuir comme la peste tout ce qui pourrait vous apporter de la gloire et de l’honneur, parce que souffrir qu’on nous loue et être bien aises que les autres nous fassent valoir, c’est suivre l’esprit de la chair, en un mot, c’est une maxime diabolique. Vous êtes appelées à la suite de Notre-Seigneur, et ainsi vous devez fuir tout ce qui lui est contraire, aimer tout ce qu’il aime, louer tout ce qu’il loue. Mais retenez bien ceci : il ne l aut jamais louer ce que le monde loue. C’est ce que cette règle nous enseigne, laquelle vous devez bien retenir, avec toutes les autres; car, voyez-vous, mes sœurs, le principal de votre affaire, c’est de bien entendre vos règles.
Oue vous êtes heureuses d’avoir cette obligation de haï! le monde! Mais de quelle façon le devez-vous han ? Comme Notre-Seigneur le hait. Il dit qu’il ne prie pœn.t pour le monde : non pro mundo rogo ; je ne prie point pour le monde \ Entendez bien ceci, mes sœurs.