Evangile de saint Jean XVII
Quand je dis que Notre-Seigneur ne prie point pour le monde, je ne parle pas de toutes les personnes qui sont dans le monde, car il y a des gens de bien ; mais je l’entends de ceux qui vivent selon les maximes du monde, comme sont celles que je vous ai fait remarquer. Voyez la grande haine que le Fils de Dieu avait pour le monde : il dit qu’il ne prie point pour lui, et il a prié pour ceux qui le faisaient mourir! Ce qui vous fait voir qu’il avait plus d’horreur de lui que de ceux qui le crucifiaient, puisqu’il ne veut prier pour le monde, quoiqu’il l’ait fait pour ses ennemis.
La suite' de cette règle contient qu’elles embrasseront celles de Jésus-Christ, de sorte, mes chères sœurs, que ce n’est pas assez de rejeter et abhorrer les maximes du monde ; il faut, de plus, embrasser celles de Jésus-Christ, qui sont toutes contraires à celles du monde, comme celles-ci.
Bienheureux sont les pauvres d’esprit, car le royaume des deux est à eux 3 ; voilà qui combat le désir des biens et des honneurs.
Bienheureux les débonnaires, car ils posséderont la terre.
Bienheureux ceux qui pleurent; c’est à dire que Notre- Seigneur appelle bienheureux ceux qui gémissent et qui sont affligés; et le monde fait le contraire. Or, mes sœurs, il fauit vous donner à Dieu pour entrer dans cette pratique; et, dès ce moment que vous entendez ceci, faire un acte de désir de vous rendre bien vertueuses.
Bienheureux les miséricordieux, qui s’emploient à soulager les pauvres dans leurs misères.
Bienheureux les purs et modestes de cœur. O mes filles, la pureté de cœur plaît tant à Notre-Seigneur qu’d ne lui promet pas moins que de voir Dieu.