‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 3 sur 138 · I. Epitre de saint Jacques I · texte numérisé non relu

I. Epitre de saint Jacques I

nous peut jamais contraindre au mal2. » Nous avons la volonté libre pour embrasser le bien et fuir le mal C’est pour cela, mes chères sœurs, que les misérables damnés le sont par leur faute. Demandons bien à Dieu de ne nous laisser vaincre par la tentation.

On lit dvun saint, mort dans notre siècle, que, quand il partait le matin pour aller à la ville, il disait à son confesseur : « Je m’en vais là; mais je ne sais pas si je reviendrai sans faire quelque faute. C’est pourquoi je vous prie de prier Dieu pour moi. » Cela nous apprend à nous défier de nous-mêmes et à demander toujours des forces à Notre- Seigneur.

Passons au second point. C’est maintenant, mes chères frllels, qu’il faut être attentives. Voici qui vous regarde. Ce que nous avons dit est pour le général. Mais quelles tentations regardent les sœurs de la Charité, ma fille ?

— Mon Père, il me semble que celle' de la vocation est bien dangereuse.

— - Le diable tente-t-il de la singularité, ma sœur, c’est-à-dire de se vouloir préférer aux autres ?

— Oui, mon Père.

— • Savez-vous ce que c’est que la singularité? La singularité, mes sœurs, c’est vouloir être au-dessus des autres; comme si une sœur demandait à mener une vie plus austère, à communier plus souvent, à faire plus de mortifications, à coucher sur la dure, tout cela afin qu’on la tienne pour vertueuse, pour meilleure que les autres. Toutes ces singularités viennent d’un fond d’orgueil, encore qu’il ne' vous soit pas connu. Mais, pourrez-vous dire, la communion n’est-ce pas une chose sainte? N’est-ce pas bien de se mortifier? Oui, toutes ces choses sont bonnes; mais il n’en faut pas faire plus

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