Actes des Apôtres V
ne devez rien avoir que par la permission de vos supérieurs.
On pourra penser que ce n’est que celles qui ont fait les vœux qui sont obligées à lia pratique de la pauvreté. Mais il faut savoir, mes sœurs, que vous y êtes toutes obligées, celles qui ont fait les vœux et celles qui ne les ont pas faits, parce que toutes cdlles qui viennent en la Compagnie ont ou doivent avoir dessein de servir Dieu ; et pour cela, mes sœurs, il faut que toutes les Filles de la Charité soient détachées de toutes choses pour être semblables à ..leur Epoux.
Monsieur, nous ne doutons pas que celles qui ont fait vœu ne soient obligées à garder cette règle; mais les autres y sont-elles pareillement obligées ? — Oui, mes sœurs, d autant qu on leur a proposé cela avant de les recevoir; vous l’avez voulu et vous avez promis de le faire; car on ne recevrait pas une hile qui dirait qu’elle ne peut se résoudre à cette' pratique, parce qu’il faut que toutes soient revêtues des livrées de leur Epoux. N’est-ce pas un grand honneur à une épouse d’être traitée comme son époux ? CTn valet ne tient-il pas à honneur de porter les couleurs de son maître ? Or, mes chères sœurs, comme entre l’époux et l’épouse tout est en commun, dès lors qu’une âme a pris Notre-Seigneur pour son Epoux, elle doit partager toutes choses avec lui.
Mes filles, vous l’avez choisi dès lors que vous êtes entrées dans la Compagnie', vous lui avez donné votre parole; et comme il a mené une vie pauvre, il faut l’imiter en cela. N’était-il pas souverain? Ne pouvait-il pas avoir toutes ses commodités, s’il eût voulu? Mais il a préféré à tout cela la pauvreté, qui a paru en toutes ses actions; car il était nourri pauvrement, couché pauvrement, de sorte qu’il n’avait pas même une pierre pour reposer sa tête. Et une sœur ne voudra pas s’assujettir à faire ce que le Fils de Dieu nous a enseigné par son exemple!