Evangile de saint Matthieu XVIII
Il est vrai qu’il est -nécessaire de le connaître. Je vous dirai, mes sœurs, -que le scandale n’est rien qu’une attribution à une action. Par exemple, voilà une Fille de lu Charité qui murmure de sa supérieure, blâmant sa conduite, trouvant à redire à ce qu’elle fait, censurant tout ce qu’elle ordonne, en murmurant avec les autres. Elle donne liberté à celles qui l’entendent de faire de même, et cela s’appelle scandale.
On dit que, quand les vestales, si je ne me trompe, avaient fait quelque mal qui scandalisait le prochain, on les enterrant toutes vives, en punition de leur faute. Ah! mes sœurs, uine Fille de' la Charité qui donne sujet d’offenser Dieu, ne mériterait-elle pas la même punition ? Oui, elle le mérite, et il vaudrait mieux, pour elle, quitter la Compagnie que servir de pierre d’achoppement aux autres pour les empêcher d’avancer dans la vertu; il vaudrait mieux qu’elle eût le malheur d’être enterrée toute vive, que celui de donner scandale à ces âmes que Dieu a choisies pour son service. Et pourquoi ? Parce que Notre- Seigneur le défend et donne sa malédiction à tous ceux qui scandalisent les autres. C’est pourquoi le Fils de Dieu va toujours disant aux prêtres de la Mission, s’ils donnent scandale, aux Filles de la Charité et à tous ceux qui donnent liberté aux autres de faire mal : « Malheur à vous qui scandalisez ces petits ! »
Vous pourrez demander : « Mais pourquoi cela ? » Car le scandale n’est pas toujours une mauvaise action, mais seulement une qualité attribuée à quelque action qui donne sujet de faire mal. Pourtant, dit le même Fils de Dieu, malheur à vous, scribes et pharisiens, malheur à vous si vous scandalisez ces âmes simples ! Malheur à vous, dit-il, parlant aux disciples qu’il avait choisis, si vous scandalisez quelqu’un et si, à votre sujet, ces scribes et pharisiens prennent occasion de continuer leur mauvaise vie! Puisque Notre- Seigneur
dit cela, il faut qu’il y en ait qui tombent dans le mal, pour que les justes et les bonnes âmes souffrent et soient affligés pour leur bien et aient occasion de pratiquer la vertu. Or sus, béni soit Dieu !
Ma fille, quelle raison vous oblige à fuir le scandale?
— Mon Père, il me semble qu’une de ces raisons est que nous sommes cause que Dieu est offensé.
— Dieu vous bénisse, ma sœur! Vous avez raison; car, voyez-vous, mes chères sœurs, toutes les fois que vous murmurez de vois supérieurs, que vous trouvez à redire à ce qu’ils ordonnent, vous donnez scandale à toutes celles qui vous entendent, et vous en répondrez devant Dieu. Si nous faisions cette réflexion, vouJs et moi : « Eh ! mon Sauveur ! toutes les fois que je fais mal, je me rends coupable devant vous, non seulement du péché que je commets, mais encore du scandale que je donne », ô mes sœurs, nous ne ferions pas tant de fautes que nous faisons. Mon Dieu, ne ferons-nous jamais action qui ne donne scandale! Est-il possible que nous ne craignions pas de tenir cette belle Compagnie vivant si imparfaitement que ceux qui nous volent aient sujet de la mépriser!
Quelle autre raison avez-vous, ma fille?
— Mon Père, il me semble que c’est un très grand mal de faire quelque action, ou dire quelque parole de murmure ou de contradiction, car nous donnons sujet de faire de même.
Ah! que voilà qui est beau! Nous donnons sujet de faire de meme. Oui, mes sœurs, toutes les fois qu’une sœur parle mal d’une' autre sœur, trouve à redire à la Compagnie, s indigne des actions des unes et des autres, picote sur tout ce qui se fait dans la maison, parle à 1 une d’une façon, à l’autre d’une autre, se plaint tantôt de sa supérieure, tantôt d’une sœur, s’entretient de ses difficultés, en particulier avec celles qui
sont de son humeur, tout cela c’est faire des actions qui d'elles-mêmes sont mauvaises et portent avec elles une qualité qui s’appelle scandale, surtout quand ce sont des anciennes qui sont dans la Compagnie depuis dix, quatorze et quinze ans. Ah S mon Sauveur ! qu’elles f ont de mal ! Car celles qui les entendent se laissent aller à faire de même; ou, si elles ne le font, que peuvent-elles penser, sinon que le bien qu’elles avaient ouï dire des F illes de la Charité n’est pas ! Quoi ! voilà des hiles qui sont céans depuis si longtemps, et cependant elles sont encore si dmmorti fiées ! Mon Dieu ! quel malheur pourrait être capable de punir les personnes qui sont cause de tels désordres ! Voilà des âmes simples et innocentes qui viennent de tous côtés dans cette Compagnie, pensant y trouver les moyens de se sauver, et c’est tout au contraire : elles y trouvent des pièges pour s’y perdre. Oui, ce sont des pièges que vous leur tendez quand, en leur présence, vous faites quelque faute. Eh ! que pensez-vous qu’elles diront en elles-mêmes ? Sans doute elles penseront : « Quoi! j’étais venue ici pour servir Dieu, mais je me suis bien trompée; l’on ne parle que’ de murmure; l’on ne s’entretient que de celle-ci et de celle-là; l’on n’a point de charité, de support, de douceur, ni de cordialité ensemble. Ah ! mon Dieu! quelle maison est ceci! Oh! je me perdrai ici. Il vaut bien mieux que j’en sorte, que d’y vivre de la sorte. »
Voilà ce qu’elles peuvent penser, mes sœurs, quand vous les scandalisez ainsi. Ah ! mon Sauveur ! quel malheur encore une fais pour ces hiles -là, qui tuent ainsi ces enfants ! Car l’on appelle enfants ceux qui commencent à servir Dieu; et vous les faites mourir, étouffant en elles les bons desseins qu’elles avaient de' le servir! Pensez-vous combien elles peuvent être refroidies quand elles voient des personnes qui devraient
être toutes contentes et toutes affermies dans le bien, et qui sont malcointentes, se plaignent tantôt des corrections qu’elles ont reçues, tantôt de l’austérité de la vie, tantôt des règles et de tout ce que les supérieurs ordonnent !
O mes sœurs, vous le dirai-je? Oui, puisqu’il est vrai; vous êtes des H érode toutes les fois que vous faites ce que' je viens de dire; vous faites mourir ces enfants à même temps qu’ils commencent à vivre, et vous vous mettez en devoir de faire que l’on ne pense plus à venir dans votre Compagnie, que tant de saintes âmes qui sont dans le monde et qui se voudraient donner au service des pauvres ne pensent plus à la maison, pour la mauvaise odeur qui en sort; ou bien, s’il y en vient, Dieu permettra, en punition de vos scandales, que ce seront des filles nullement propres et que cette belle Compagnie, que Dieu s’est formée, viendra à se remplir de je ne sais quelle sorte de personnes qui, au lieu de bien faire, gâteront tout, malédifieront le prochain, rudoieront les pauvres, ne tiendront compte de garder les règles. Et, au. bout, à quoi cela tend-il ? A renverser la Compagnie, parce qu’elle ne pourrait pas subsister longtemps sans de bons sujets. Ah ! mes sœurs, voilà où cela va : à la ruiner de fond en comble. Quand une sœur trouve à redire, elle le va dire à une autre, celle-là à deux autres ; et ensuite toutes s’en voudront mêler. Ah ! mes sœurs, y a-t-il assez de supplices pour ces filles-là, qui donnent la mort à ces petits enfants, qui sont semblables à un H érode ! Que peuvent-elles attendre smon la malédiction donnée par Notre -Seigneur à ceux qui scandalisent les petits!
Voyez-vous, mes sœurs, Notre- Seigneur vous demandera compte de ces âmes et vous châtiera de l’empêchement que vous aurez mis à leur perfection. Il me demandera à moi si j ai empêché les Filles de la Charité de pro-
üter en la vertu, à M. Portail, à Mademoiselle Le Gras, s’ils manquent de les aider à cela et si elles n’y font pas de progrès, et à chaque sœur de la Charité qui aura été cause par son scandale que les autres auront fait quelque mal. Ah! Sauveur! y a-t-il assez de supplices pour ces hiles-là qui tuent ainsi ces petits enfants qui commencent à servir Dieu !
A cette heure, il y a scandale reçu et scandale donné; et je vous prie de bien remarquer ceci. Le scandale donné, c’est faire une action mauvaise en la présence de quelques-uns, qui pourront, par ce mauvais exemple, faire la même chose. Et cela étant, la personne qui fait mal offense Dieu en faisant l’action mauvaise, et par le scandale, qui est une qualité attachée à cette mauvaise' action, se rend encore plus criminelle.
Le scandale pris et non pas donné, c’est, par exemple, comme si, en voyant une sœur fort exacte aux observances des règles, l’on venait à sein scandaliser et fâcher, parce que cette exactitude condamne la lâcheté de celles qui y trouvent à redire. C’est là un scandale pris, qui rend coupable la personne qui le prend. Et comment cela? Parce que c’est se scandaliser à tort. Voilà une sœur qui porte la vue basse, qui va modestement, marche en la présence de Dieu, parle peu et ne peut souffrir que l’on offense Dieu ni le prochain en sa présence; et quelqu’une prendra sujet de cela pour se scandaliser. Ah! mes sœurs, prenez bien garde de ne pas tomber dans ce défaut, car vous seriez semblables aux araignées qui convertissent en venin les plus belles fleurs; et, au lieu de vous exciter à faire le bien qui vous est montré, vous feriez le contraire. Ah ! vous convertissez le miel en fiel ! Ne doutez pas que Dieu ne punisse de telles personnes. Que pensez- vous faire' quand vous trouvez à redire aux bonnes actions de nos sœurs? Vous vous mettez en devoir d’empêcher ces
âmes de continuer dans la pratique de la vertu, et par conséquent vous les privez du mérite qu elles s’acquièrent
Voilà ce que c’est que scandale reçu et scandale donné. Or, il faut que vous sachiez que le scandale donné est toujours péché, et quelquefois mortel; et si l’on meurt dans ce péché, l’on est damné. Voyez quel malheur, et si nous ne devons pas bien appréhender de scandaliser notre prochain! Nous nous imaginons souvent que les péchés que nous faisons ne sont que véniels; mais prenons garde, mes soeurs, de nous tromper. Il n’est pas si difficile qu’il nous semble de faire un péché mortel. Ce n’est pas que faire une petite incivilité à contre-temps, se laisser aller à quelque promptitude, ou dire une parole légère par surprise, soit une faute mortelle, quoiqu’elle porte scandale; oe n’est qu’un péché véniel. Mais, par exemple, si une sœur retenait de l’argent des pauvres, ou de son épargne, pour en faire son propre, ou s’en acheter quelque livre ou chose semblable, et que cela soit su d’une autre sœur; si l’on parle mal de ses supérieurs; si l’on découvre les défauts de ses sœurs, ou qu’on les méprise, déchirant la bonne opinion qu’on avait d’elles; ah! mes sœurs, Dieu sait si ce ne sont pas des péchés mortels ! Dieu nous garde d’un tel malheur, car ce seraient de grands péchés !
Jamais il n’y a de péché au scandale pris pour celles qui le donnent, oui bien pour celles qui le prennent; mais il y en a toujours au scandale donné de la sorte que nous venons de dire. Le scandale pris, c'est donc comme si vous, ou M. Portail, ou moi, voyant dans la Compagnie une fille récolligée, qui est toujours égale nans ^a conversation, qui porte la vue basse; si je suis si malheureux que de trouver à redire à cette fille, je commets un grand péché, parce que je me scandalise
sans sujet et je convertis le miel en fiel. Tout de même d’une sœur qui se laisserait aller à faire la même faute. C’est pourquoi', prenez -y garde et souvenez-vous que quiconque prend sujet de faire mal en voyant les autres faire le bien est bien coupable devant Dieu.
Eh quoi S mon Dieu, je ne me contenterais pas de vous servir lâchement, comme je fais, d’être négligente à l’ observance de mes règles et de me laisser aller à tant de fautes; mais je me fâcherais de ce que je vois une telle sœur ne faire pas les mêmes fautes, et de ce qu’elle condamne, sans rien dire, par le soin qu’elle a de sa perfection, mon libertinage! Ah! s’il y en avait quelqu’une dans cet état, qu'elle craigne que Dieu ne la châtie, et qu’elle se corrige.
Je dis plus : celles qui écoutent des discours contre la charité, qui veut qu’on dise toujours du bien des autres, offensent Dieu, aussi bien que celles qui les tiennent. Et la raison en est claire, car qui peut empêcher un mal et ne le fait pas est aussi coupable que s’il le faisait. Oui, mes sœurs, si une de vous autres, si plusieurs entendent parler mal, ou censurer les actions de la supérieure ou d’une sœur, celles, dis- je, qui écoutent cela et ne contredisent pas celle qui tient de tels discours, font autant de mal qu’elle. Car, voyez-vous, il faut s’opposer fortement à telles personnes et dire : « Eh ! ma sœur, eh ! ma sœur, au nom de Dieu, ne dites point cela. Quoi ! déchirerons-nous par nos discours notre sœur, que nous avons sujet de croire agréable à Dieu, qui n’a rien que de bon en elle, en qui on ne saurait rien trouver à redire, au moins devant les hommes, car devant Dieu ce n’est pas à nous à en juger. Si elle a quelque chose qui vous déplaît, c’est que vous jugez mal de ses actions. »
Mes sœurs, si vous ne faites ainsi, sachez que vous manquez de charité. Quoi! voilà une hile qui ne dit mot
dans telle rencontre; c’est une muette' qui voit faire le mal à sa sœur et ne l’empêche pas; elle le fait ellemême'. Et celles qui ne s’opposent pas pour rompre le discours font l’ office du diable, car elles sont cause, en écoutant, que les autres continuent dans le mal. Faisons un peu réflexion sur cela. Quel plus grand malheur nous peut-il arriver que de faire l’office du diable! Et cependant c’est ce que nous faisons quand nous portons envie à celles qui font mieux que nous, car il n’y a que le diable et ceux qui sont poussés de son esprit qui soient fâchés du bien. Dieu vous garde, mes filles, de servir ainsi notre ennemi en faisant son of fice !
Quand je' vais par la ville, que je vous vois, encore que vous ne me voyiez pas, toujours j’ai une grande consolation de' voir votre modestie, qui est plus grande aux unes, aux autres moins. Mais il a fallu vous dire le mal, afin de vous le faire éviter et comprendre la différence qu’il y a entre le' scandale donné et le scandale reçu, comme aussi .le grand mal qu’il y a à trouver à redire aux personnes qui se portent au bien.
Je dis encore, pour la consolation des bonnes âmes, que, si l’on se scandalise, par exemple, de ce qu’une sœur ne fait rien sans permission, trouve bon tout ce que ses supérieurs ordonnent, est exacte à la moindre observance, se lève à quatre heures, et le' reste, ce n’est pas elle qui le donne; c’est un scandale reçu; et celles qui seraient si imparfaites que de convertir ainsi le bien en mal doivent bien craindre, puisque cette vertu leur fait mal aux yeux. Elles ne peuvent souffrir cet éclat; car les personnes vertueuses éclairent comme des soleils ; et les imparfaites, ne pouvant pas s’édifier de cela, y trouvent a redire' et trouvent que nous ne pouvons souffrir ces clartés. Il nous les faut éteindre. Et en effet c est ce qu elles font en médisant de celles de qui elles
devraient dire du bien. Ah ! mes sœurs, que ne' doivent point craindre telles personnes ! Quoi ! une Fille de la Charité, qui devrait se porter si courageusement au bien, se met en devoir de l’empêcher ! Si quelqu’une se trouvait dans ce défaut, qu’elle fasse résolution de se corriger et d’embrasser la vertu; car, voyezvous, ce n’est pas assez de fuir le mal, il faut faire le bien. Il ferait beau voir une sœur de la Charité en avoir seulement l’habit et point les effets, n’être Fille de la Charité qu’en apparence ! Oh ! combien serait désagréable à Dieu une telle hile1, qui, au lieu de vivre dans l’esprit que Dieu a donné à la Compagnie, vivrait dans un esprit de superbe, de duplicité et serait pleine de mauvais exemples! Il vaudrait mieux qu’elle ne fut point Fille de la Charité, et, en effet, elle ne l’est pas.
Vous me pourrez 'dire : « Mais pourtant elle a quelque chose au dehors; nous voyons quelque apparence. » Oui, vous voyez bien quelque chose, mais ce n’est rien que l’écorce et une vaine apparence; vous pensez voir une Fille de la Charité, et elle n’en a que l’habit. Ah ! mon Sauveur, qu’est -ce' que cela sinon un monstre qui fait horreur à Dieu et à vos bons anges ! Je vis dernièrement une chose qui vient bien à ce' propos. Comme j’étais encore éloigné, j’aperçus une fort belle image, éclatante, bien accommodée, qui avait les cheveux dorés. Quand je vis cette image si brillante et éclatante, je pensais que' c’était quelque chose de grand. Mais, mes chères sœurs, savez-vous ce que c’était? C’était la mort, qui, vue de près, faisait peur.
Mes sœurs, oserais-je vous le dire? Oui, puisque c’est vrai. Si vous donnez scandale, si vous ne vivez pas comme votre' vocation le requiert, moi, si je donne scandale, si je suis oause que ceux avec qui je suis ne font pas leur devoir, nous sommes cette image, nous paraissons au dehors ce que nous ne sommes pas au dedans;.
nous trompons ceux qui nous voient, tant de bonnes âmes qui ont bonne opinion de nous et qui croient que nous vivons bien. Que dirons-nous à Dieu, si cela est? Faisons réfle'xion sur nous-mêmes et demandons-nous :
« Ne suis-je pas cette image? Mon Dieu! quand l’on me voit de loin, on pense que je suis une Fille de la Charité; mais qui me verra de près, qui verra ma conversation toute contraire au nom que je porte, connaîtra bien que je n’ai point de charité. » Si Dieu nous fait connaître cela, sachez que c’est une grande grâce et qu’il ne la faut pas négliger. Ah! mon Sauveur! quel malheur à ceux qui démentent ainsi leur profession par leur mauvaise vie ! Mes hiles, pensez-vous que Dieu vous ait appelées l’une d’un côté, l’autre de 1 autre, pour être un sujet de scandale et de' trebuchement aux autres, et pour leur faire offenser celui que vous devriez servir si fidèlement, au service duquel vous devriez attirer les autres? Oh! ce n’est pas pour cela, mais pour honorer Notre-Seigneur et pour aider le prochain, par votre bon exemple et par vos instructions, a se sauver. Si vous ne le faites, vous manquez à votre devoir.
Or sus, il se fait tard et nous n’avons encore traité que d’un seul point, et cependant c’est ici un sujet si important pour tout le monde, mais principalement pour vous autres ! Je pense qu’il serait bon de remettre il une autre fois.
Ici les Filles de la Charité peuvent remarquer la prudence de leur très honoré Père, lequel ne voulut pas résoudre de remettre la conférence sans demander l’avis de Monsieur Portail et d’un autre prêtre, lesquels dirent que c’était un sujet si important qu’on ne pouvait assez l’inculquer.
Or sus, remettons donc pour un autre jour, et cependant ressouvenons-nous de ce que l’on vient de - dire, pour ne jamais scandaliser personne. Notre sœur a dit
un bon motif : que l’on a les yeux sur vous autres pour remarquer toutes vos actions; ce qui vous doit toujours tenir dans votre devoir. Oh ! le bon mot ! S’il était bien pratiqué, il n’en faudrait point d’autre pour nous faire éviter le scandale. Si nous faisons profit de ce qui vient d’être dit, nous obtiendrons deux choses de la bonté de Notre- Seigneur : la première, c’est que Dieu nous pardonnera le passé et nous fera la grâce de nous empêcher d’y tomber à l’avenir. Ce qu’espérant de sa bonté, je prononcerai les paroles de bénédiction, le priant qu’à même temps il répande sur nous la grâce de ne jamais scandaliser notre' prochain.
i Benedictio Dei Patris...