Epître de saint Jacques I
de consolation que de peine pour ceux qui s’exercent à cela. Oui, un des plus grands plaisirs que puissent avoir ces âmes-là, c’est lorsqu’elles se sont bien mortifiées. Elles jouissent alors d’une consolation incroyable. Mes sœurs, essayez -en; gustate et videte , disait David7; goûtez-en, et vous verrez combien il est doux de se mortifier quand on pense que, par ce moyen, on plaît à Dieu.
Je crois vous avoir dit ce que me disait une fois un religieux d’un Ordre fort austère. « Je disais, dit-il, à mes frères : nous sommes venus pour nous mortifier, et tant s’en faut que cela nous fasse peine; au contraire, nous prenons plaisir aux mortifications. » Et comment cela se peut-il faire? Ah! mes sœurs, cette mortification ou privation que vous faites n’est pas seule; elle est accompagnée du désir de plaire à Dieu; et cet acte étant fait pour l’amour de Dieu, il attire ses caresses et les remplit d’une consolation bien plus grande que celles dont elles se sont privées. Et ainsi les mortifications ne leur sont pas pénibles. Quelles consolations plus grandes croyez-vous qu’on puisse avoir que lorsqu’on pense qu’on fait une action qui plaît à Dieu ! On ressent alors une joie et consolation si grande qu’il n’y en a point de semblable; n’est-il pas vrai, mes sœurs ? Celles qui sont en cette pratique peuvent rendre témoignage de ce que je dis; celles qui n’y sont pas encore doivent s’y mettre, puis elles l’éprouveront.
Voici la vingt et cinquième règle; voyons ce qu’elle dit : « Elles n’écriront ni ne recevront point de lettres sans la permission de la supérieure, entre les mains de laquelle elles mettront celles qu’elles auront écrites, pour les envoyer ou retenir, comme elle le trouvera bon. »