‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 91 sur 138 · Première épître de saint Jean I · texte numérisé non relu

Première épître de saint Jean I

supportent les moindres; le bois, tout de même; les poutres soutiennent les chevrons; de sorte que vous voyez bien que tout se fait par support sur la terre. Le corps humain serait inhabile pour faire ses fonctions sans le .support des membres les uns envers les autres. Et si mes pieds et mes jambes ne me soutenaient, que deviendrait le corps?

Mes sœurs, s’il plaît à Dieu nous faire aujourd’hui la grâce de nous bien résoudre à cela, croyez que c’est une des belles et grandes pratiques que vous puissiez avoir. Demandez-lui la grâce de commencer à faire ce que nous avons dit. Voilà, par exemple, ma sœur qui a fait telle chose qui n’est pas bien; je veux qu’elle me supporte; il faut que je La supporte aussi.

Or, avec cette vertu de support, il faut celle de la condescendance. Mes sœurs, cela veut dire : s’accorder avec le prochain. — Monsieur, sur quoi fondez-vous cela? — C’est sur les paroles de l’Evangile; car toutes vos règles sont prises sur ce que Notre- Seigneur a dit. Or, il est rapporté dans l’Evangile : « Si votre prochain veut vous faire aller un pas avec lui, allez-en dix3. » Les docteurs, expliquant ce passage, le rapportent à la condescendance. Donc une sœur qui fait tout ce que l’autre veut qu’elle fasse, pratique-t-elle la vertu de condescendance? Oui, pourvu que ce qu’elle fait n’aille point contre Dieu, ni contre ses règles; car la condescendance, en ce qui regarde le péché, est un vice et non pas une vertu. S’accorder avec une sœur pour offenser Dieu et faire contre les règles, oh ! mauvaise et diabolique condescendance! Ce n’est donc point cette condescendance que votre règle enseigne, mais une certaine souplesse d’esprit par laquelle on condescend aux autres en tout ce qui n’est pas péché. Mes filles, aonnons-nous

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