XIII
pour servir auxdits prêtres de la Mission de Sedan.
Fut fait audit Saint-Lazare, l’an mil six cent quarante-cinq, le jeudi vingt-septième jour d’avril, après midi, et a signé.
Vincent Depaul.
Pauzo. Arsaut.
93. — AVIS DE SAINT VINCENT A M. NOUELLY ET AU FRÈRE BARREAU AVANT LEUR DÉPART POUR ALGER
(1646, vers mai)
Monsieur Nouelly et le frère Barreau, que la Providence de Dieu appelle en Alger pour assister spirituellement et corporellement tous les esclaves chrétiens qui y sont, se représenteront que cet emploi est un des plus charitables qu’ils sauraient exercer sur la terre :
i° Que, pour s’en acquitter comme il faut, ils doivent avoir une particulière dévotion au mystère de l’Incarnation, par lequel -Notre- Seigneur est descendu sur la terre pour nous assister dans notre esclavage, dans lequel l’esprit malin nous tient captifs.
20 Ils se rendront exacts aux règles de la Compagnie et aux saintes maximes et coutumes d’icelle, qui sont celles de l’Evangile, et travailleront incessamment à 1 acquisition des vertus qui font un vrai missionnaire, au zèle, à l’humilité, à la mortification et à la sainte obéissance.
3° Monsieur Nouelly sera- le directeur dé* cette petite Mission et s’emploiera au soin temporel et spirituel des malades, etc.
4° Etant à Alger, ils loueront une maison et y feront accommoder une chapelle.
Document 93. Mémoires de la Congrégation de la Mission, t. II p. 1 3;.
5° Ils tâcheront de vivre avec toutes les précautions imaginables avec le vice-roi, le pacha et le divan et souffriront volontiers les injures qui leur seront faites par le peuple.
6° Ils tâcheront de gagner par patience les prêtres et les religieux esclaves et feront en sorte qu’ils soient conservés dans l’honneur qui leur est dû et dans leurs petits profits.
7° Ils feront leur possible pour maintenir les marchands dans la plus grande union qu’il sera possible.
8° Ils nous donneront de leurs nouvelles par toutes les barques qui viendront en France, non de l’état des affaires du pays, mais de celles des pauvres esclaves et de l’œuvre que Notre-Seigneur leur commet.
9° Que si sans danger ils peuvent aller visiter les pauvres esclaves qui sont à la campagne, ils iront et tâcheront de les confirmer et consoler et leur feront quelques aumônes à cet effet.
io° Ils s’assujettiront aux lois du pays, hors la religion, de laquelle ils ne disputeront jamais, et ne diront rien pour la mépriser.
il0 Ils s’instruiront, de ceux qui habitent de longue main ce pays-là, de toutes les choses qui peuvent fâcher ceux qui gouvernent, ou leur donner des soupçons, comme aussi des sujets d’avanie, pour les éviter.
94. — LETTRES DE PROVISION DU CONSULAT D’ALGER EN FAVEUR DE LAMBERT AUX COUTEAUX 1
(5 juillet 1646)
Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, comte de Provence, Forcalquiier et terres adjacentes, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut,
Document 94. — Arch. nat., fonds Marine, B7 49, f° 401.
Savoir faisons que, pour le bon rapport qui nous a été fait de la personne de notre cher et bien-aimé Lambert aux Couteaux, sa suffisance, loyauté, prud’homie, expérience et bonne diligence à icelui, pour ces causes et autres à ce nous mouvants, avons donné et octroyé, donnons et octroyons par œs présentes, signées de notre main, l’état et office de consul pour la nation française en Alger et côte de Barbarie, que naguère voulait tenir et exercer Balthazar de Vias, dernier paisible possesseur d’icelui, avec lequel Charles Moulard aurait traité, par acte passé devant Sausson, notaire à Marseille, le 14 mai dernier, et depuis passe sa résignation ad resignandum en faveur dudit Lambert aux Couteaux, ci-attaché et sous le contre-scel de notre chancellerie, pour ledit office avoir, tenir et exercer, en jouir et user par ledit Lambert aux Couteaux des honneurs, autorités, prérogatives, prééminences et libertés, droits, profits, revenus et émoluments qui y appartiennent, suivant les recolements des consuls dépendants de nous, en partie d’Alexandrie et Tripoli, tant qu’il nous plaira, pourvu que le résignant vive 40 jours après la date des présentes. Si donnons en mandement à notre amé et féal comte le lieutenant de notre amirauté à Marseille, qu’après que lui sera apparu de bonne vie, mœurs et religion catholique, apostolique et romaine ledit Lambert aux Couteaux et lui avoir fait tenir le serment en tel cas requis et accoutumé, il le mette et institue, ou fasse mettre et instituer en possession, saisine et jouissance dudit o-ffice, et icelui ensemble des honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, franchises, libertés, profits, revenus et émoluments susdits, le fasse jouir paisiblement, pleinement, et lui obéir et entendre de tous ceux et ainsi qu’il appartiendra ès choses touchant et concernant ledit office. Prions à cette fin notre très cher et bon ami le roi d’Alger que icelui Lambert aux
Couteaux il souffre jouir dudit office sans permettre qu’il lui soit donné aucun trouble ou empêchement au contraire; car tel est notre plaisir.
En témoin de quoi nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes.
Donné à Paris le 5e jour de juillet, l’an de grâce 1646 et de notre règne le quatrième.
Louis.