ATTRIBUTIONS DE L’AUMONIER ROYAL DES GALÈRES
(Juillet 1646)
Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre... Nous avons par cesdites présentes déclaré que la direction spirituelle pour la consolation des malades, administration des sacrements, célébration de la sainte messe et sépulture des morts appartiendra à l’avenir au supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission et aumônier réal de nos galères, comme elle lui a toujours appartenu en ladite qualité d’aumônier réal, et en a joui sur lesdites galères et sur les officiers, soldats, mariniers et forçats, sous l’autorité des Ordinaires. Voulons qu’en l’absence de notredit aumônier réal, le supérieur de la Mission de notre ville de Marseille ait ladite administration ou direction et exerce ladite charge d’aumônier réal, laquelle, et avec tous ses droits, honneurs, dignités et privilèges, avons unie et unissons à perpétuité à ladite congrégation des prêtres de la Mission pour être exercée par le supérieur général et, en son absence, par le supérieur de la Mission de Marseille, par sa commission; et afin que les forçats malades en soient mieux assistés, les prêtres de ladite Mission qui seront nécessaires à le servir feront leur
Document 95. — Arch. nat. S 6707, liasse de Marseille, copie.
résidence actuelle dans ledit hôpital... et, pour ce qui regarde le spirituel, non seulement dans l’hôpital, mais encore sur toutes nos galères. Nous voulons et enjoignons très expressément à notredit aumônier real de tenir la main à ce que chaque galère ait un bon prêtre pour aumônier, qui soit savant, exemplaire et pratique en la charge du gouvernement des âmes, approuvé par l’Ordinaire; que chaque aumônier visite à son tour les malades de l’hôpital, selon l’ordre qui leur sera prescrit par ledit aumônier réal, que tous lesdits aumôniers, pour mieux s’acquitter de leur charge, vivent ensemble en communauté sous la direction et conduite de notredit aumônier réal. Et en cas que lesdits aumôniers des galères ne se trouvent avoir les qualités et conditions nécessaires, ou qu’ils ne vécussent pas en bons prêtres, ledit aumônier réal pourvoira auxdites galères d’un autre bon prêtre en la place de ceux qu’il ne jugera propres, en vertu du pouvoir que nous lui en donnons par ces présentes ; les gages desquels aumôniers des galères seront mis ès mains de l’aumônier réal, et par lui distribués auxdits aumôniers...
Donné à Fontainebleau, au mois de juillet, l’an de grâce mil six cent quarante-six.
Louis.
96. — RÈGLEMENT POUR LES PRÊTRES DE LA MISSION DE MARSEILLE CHARGÉS DES GALÉRIENS
Afin que les prêtres de la Mission s’acquittent de leurs devoirs tant envers lesdits aumôniers que forçats des galères, voici les principaux soins qu’ils doivent avoir lorsqu’ils visiteront les galères :
Document 96. — Arch. nat. S 6707, cahier. Ce cahier est des environs de 1670. Le règlement est plus ancien ; il est probablement de saint Vincent.
1° Ils doivent s’informer si l’on fait les prières soir et matin sur les galères et si, pendant icelles, chacun demeure en posture décente pour les entendre ;
2° Si» personne ne blasphème le nom de Dieu, contre les défenses qui ont été faites, eit si les officiers font payer l’amende à ceux qui y contreviennent;
3° Si les aumôniers ont soin de visiter et consoler les malades souvent, les confesser, aider les moribonds, et si, les bonnes fêtes, ils se présentent dès la veille pour confesser la chiourme.
4° S’informer s’il y a des hérétiques convertis, leur parler particulièrement pour les encourager à perservérer et à fréquenter les sacrements, comme aussi faire le semblable s’il y a des turcs convertis et nouvellement baptisés;
5° Si les aumôniers disent la sainte messe tous les dimanches et fêtes, et s’ils se trouvent à vêpres, ou s’ils peuvent les dire sans eux.
6° Demander s’il y a des hérétiques qui fréquentent les galères pour entretenir ceux qui sont de leur parti.
7° S’informer aussi s’il y a quelques hérétiques ou turcs qui aient quelque disposition pour entrer dans l’Eglise, afin de leur procurer l’instruction nécessaire.
8° Demander s’il y a des malades et s’ils se sont confessés, si les médecins, chirurgiens les visitent et les traitent en leurs maladies, si on leutr donne du potage, de la viande et du pain d’office.
9° S’informer si, les dimanches et fêtes, on fait la débauche, ou si on permet le jeu avant la sainte messe, comme ausïi la vente de quelque marchandise;
io° Si on permet l’entrée des femmes et des jeunes garçons, et si on permet qu’aucuns desdits garçons couchent auxdites galères.
il0 II faut prendre garde si tous les forçats ont des chemises, des caleçons, des casaques, des cabans et des
bonnets, des bas, comme aussi remarquer s’il y a double tente dans lesdites galères, demander si le pain qu’on leur donne est du poids qu’il faut, s'il est bon, si on leur donne des fèves tous les joairs. Il faut néanmoins s’informer dudit article et des deux précédents hors de présence des officiers.
12° S’informer des invalides qui sont auxdites galères, et se trouver aux visites des commissaires pour solliciter leur élargissement. Lesdites visites se doivent faire deux fois l'année, aux mois de mars et octobre.
13° Se trouver encore dans lesdites galères, particulièrement les avant- veilles et veilles des fêtes principales de l’année, pour exciter les forçats à se confesser, et procurer des confesseurs pour aider les aumôniers, particulièrement les Italiens et Espagnols, et, pour les disposer plus facilement à la confession et communion, leur faire donner, les dimanches précédant lesdites bonnes fêtes, quelques exhortations, comme aussi le plus souvent pendant le cours de l’année.
140 Et finalement on doit tâcher, à chaque visite, de consoler quelques-uns des plus affligés comme ceux qui ont fini leur temps, et offrir à Dieu quelques prières pour eux.
1 5° Lorsqu’on remarquera quelque chose nécessaire à remédier auxdites galères, on en donnera avis à la Compagnie, et, si la chose presse, on en conférera avec le supérieur d'icelle pour, suivant leur avis, apporter les remèdes nécessaires.