XIII
ont des serviteurs stables. Notavit que, quand il n'aurait que du pain et de l’eau, il ne quitterait pas la Mission. Il a ajouté que nos vœux in foro externo non li gant, in inter no li gant; qu’il faut forcer tout le monde à faire vœu au bout de deux ans; les anciens, ne les pas presser de les renouveler, si male non loqnantur de illis ; sin minus , ligantur aut cruciantur. 2° Quand quelqu’un en parle mal, aussitôt y remédier, le retirant de la maison où il peut nuire, comme dans une petite maison, et veillant sur lui dans une grande, etc. ; ne point admettre ‘ceux qui ne veulent pas faire de vœux, si ce n’est à -l’égard de l’Italie, à cause de la peine de ce peuple à nos vœux.
M. Dehorgny. — - Qu’il est pour les vœux simples, mais non pas pour les réserves, quia à Rome celui qui a dressé notre bulle lui a dit que le Pape n’a jamais prétendu donner ce pouvoir à M. de Paris, quia ces vœux mettent la Compagnie dans un état supérieur, et que cela n’est pas une simple règle, et que, quand le droit particulier est -douteux dans le droit général, le supérieur n’est pas autorisé de donner ce droit particulier, s’il ne l’exprime; qu’il est d’avis qu'on envoie à Rome pour cela, comme il a été proposé.
M. Portail est d’avis d'ôter la réserve et d’envoyer à Rome homme de presse, etc.
Le lundi g. — M. Aimeras. Il faut ôter [la réserve] en la manière usitée. i° Ils sont nuis. Urbain et Innocent les ont refusés. Néanmoins M. Vincent a remarqué qu’il avait bien donné charge à feu M. Lebreton de demander à Urbain les vœux de la religion, non comme nous les faisons, et M. Ingoli voulait nous joindre à la Congrégation de Propaganda; mais c’était rompre avec les prélats. La Compagnie y a grande peine et les docteurs les tiennent nuis, quia non com -
prehenditur in générait concessione quod in particulari censetur concedi , commie en notre fait. In generali con- ■cessione non veniunt...
Grand doute si nous les devons faire. Ils choquent le dedans et le dehors; ils empêchent de venir; c’est le chemin d’être religieux; ils serviront, puis on obtiendra aisément dispense, comme les Jésuites, quoiqu’ils aient qu'ils ne succèdent pas et sont apostats, par bulle expresse.
Mais les emplois sont difficiles. — On ne laissera pas d’y travailler, faute de vœux, ni ne les refusera-t-on pas moins pour les vœux, comme les Capucins, qui n’ont trouvé personne pour aller en Picardie. Le supérieur se fera obéir en cela comme en d’autres choses, et sa fermeté servira de vœu; autrement, c’est se méfier de Dieu.
C’est changer. — Il est bon quelquefois, et M. Vincent l’a montré lui-même au sujet des cérémonies, montrant que Dieu changeait lui-même.
Il est plus parfait. - — Donc il se faut faire religieux. Grande difficulté à Rome.
M. du Cheane a suivi même avis, disant que les vœux au moins étaient douteux. In dubïis favorabilior pars seqnenda. S’il les faut ôter, on en peut parler en trois façons : ou pour les faire en la manière de cette heure, ou comme les voulant faire faire simples à toute la Compagnie, ou les recevant de ceux qui se présenteront. Dans les deux premières façons il faut que le Pape y passe, quia il faut que ce soit le droit commun, et tous deux souffrent quasi pareilles difficultés. Voire il y a à douter s’il les faut faire : i° qu’ils choquent notre dessein; ils font la religion; parmi les Jésuites ils souffrent beaucoup de difficultés et n’apportent point grand fruit, peu se retenant par les vœux ; et quand il n’y a que cela
qui retient, il vaut mieux qu'il sorte. Le troisième, il faut retenir celui-là, et pour cela ne faut pas aller au Pape. Néanmoins, si on veut faire l'un des deux cidessus, il faut envoyer à Rome, etc.
M. Lambert. — Il faut changer la manière des vœux, pource qu’on ne sait comme les expliquer; imo les ôter tout à fait, pource que cela choque le dessein de la Compagnie. Le vœu de la pauvreté incompatible avec le titre, le droit de succéder, etc. ; on ne sait comme l’expliquer, etc. ; néanmoins il faudrait un vœu d’obéissance au supérieur général, etc.
M, Bécu a déclaré admettre toute sorte de vœu, pourvu qu'il ne soit point religieux.
M. Cuissot. — Contre les vœux; néanmoins qu’il faut un lien en la Compagnie.
M, Le Gros. — Qu’il faut des vœux, sans l’expliquer.
M. Vincent a dit qu’il faut prier beaucoup, qu’il s’agit de connaître la volonté de Dieu pour la paix et fermeté de la Compagnie. Il s’agit d’ôter une grande partie du sujet des divisions et que l’on continuerait le sujet jusques à plus grande conformité.
Mardi 4. — M. Vincent a dit qu’il se sentait obligé d’éclaircir la Compagnie sur ce fait. Il a fait lecture de deux choses : de la Bulle Ascendente Domino , que j’avais citée : motu proprio statuimus; que c’était un fait de droit ecclésiastique in religione approbata ; qu’il laut que ces vœux se fassent dans une religion approuvée. Notavit que par les conciles de Lyon et de Latran, sub Innocentio III , il est défendu, sous peine de nullité, de faire aucune religion nouvelle qui ne fût pas sous une des quatre règles qui étaient pour lors. Or, les Papes et le concile de Trente ont excepté les Jésuites. Nous autres, etc. 20 On ne prétend point contraindre. Explicavit per comparationem nxoris aut congregationis vidua-
rum , ayant entendu dire qu’on contraignait, etc. Il est dangereux de reculer ainsi ; on ne révoque pas aisément une loi quii est une fois établie. Nous ne saurions plaire aux hommes. (Comparaison de Clément VIII et de cet homme avec son fils et son âne, etc.) Propose enfin, après une heure de discours, savoir si la Compagnie doit s’obliger à continuer ses vœux, ôtée la réserve.
M..Bécu dit que non, quia ils penchent à la religion, etc.
M. Grimai. — • Oui, à cause du lien.
M. Cuissot trouve difficulté.
M. Blatiron. — Non, quia ils nous feront passer pour religieux, et notamment en Italie, où nous ne serons pas bien reçus avec nos vœux. Les prêtres se joindront plus difficilement à nous, notamment en Italie. Nous sommes coadjuteurs des évêques, qui auront peine à nous et choisiront plutôt des religieux plus savants, comme Jésuites, etc. Il y a autant d’avantage à ne les point faire; et consideranti fat et; on se peut affermir, recevant aux vœux ceux qui demanderont à les faire et obtenant pour eux indispeosabilité du Saint-Siège; ce qui sera plus aisé.
M. Thibault. — Contre les vœux, comme dessus.
M. Gilles. — Pour [les vœux, pour] beaucoup [de raisons]. i° Horreur de changer après une résolution prise en une assemblée générale, vel una. Le Saint-Esprit n’y a donc pas présidé ! Où présidera-t-il ? Grande peine à tant de changement. Les vœux l’ont retenu quand il a été avec un supérieur de 25 ans, etc. On doutera encore en la première assemblée. C’est nuire ou exposer la Compagnie, pource que omnis mutatio , dit Aristote, morbus ; d’un grand chaud aller à un grand froid, etc. Ainsi un homme d’Etat lui disant un jour : « Il est aisé de changer d’état » ; « oui, se dit-il, mais il périra cinq
fois auparavant ». « L’Oratoire n’est qu’une honnête hôtellerie », ce lui dit un jour un homme de là dedans; leur séminaire, peu de chose, etc. Quelle différence des Jésuites! in Que leurs vœux sont in religione approbata , comme il appert par la Bulle Ascendente ; quand ils sont coadjuteurs, ils ne peuvent hériter; que le quatrième est solennel ; la maison professe ne peut rien avoir; ils sont exempts des Ordinaires; ceux qui sortent sont excommuniés et censés apostats; ils ne peuvent entrer qu’aux Chartreux; ils font plusieurs vœux et serments; leurs emplois et habits sont différents. C’est l’inclination du général. Il n’y a personne dans la Compagnie qui ne soit prêt de les faire. Feu M. Mazure, son maître, lui a dit qu’en tout il faut voir s’il y a plus à craindre qu’à espérer, et lors c’est folie de le faire; s’il y a autant à craindre qu’à espérer, et c’est imprudence; s’il y a plus à espérer qu’à craindre, et c’est prudence. Les Italiens? Il faut que la mère tienne la fille et non qu’elle suive la hile. Qu’un docteur soit suivi, cela n’est pas sûr en conscience, comme ce que dit Navarre, que les commandements de l’Eglise n’obligent pas à péché, que le bénéficier ne disant son office fait les fruits siens; il a lu chez les Conimbres qu’il n’y a si sotte opinion qui se soutienne par quelque savant homme de loi... labiis potens ; qu’il demanderait plutôt à sortir que de quitter les vœux; qu’il ne croit pas qu’il faille déterminer cette affaire; qu’un gentilhomme catalan avec qui il fut à Cahors lui pensa sauter au collet pour avoir dit que les religieux n’étaient pas de tant bonne odeur, si pource qu’ils font du mal; donc qu’il ne devait point venir deçà conseiller à un jeune homme se faire plutôt mauvais moine que soldat; qu’il se fait quantité de bonnes actions en religion, aucune en la guerre, etc.
M. Le Gros considère la Compagnie comme un édifice
dont Les règles et les vœux sont les fondements; il ne faut non plus ôter l’un que l'autre.
M. Dehorgny. — Que nos vœux n’étant bons, faut envoyer à Rome au plus tôt et cependant couler doucement.
M. Portail. — * Item.
M. Aimeras. — • Item .
Et moi.
Et M. Lambert. — Que les vœux lui paraissent bons, mais qu’il faut envoyer à Rome. Il a rapporté de M. de Tréguier : « Si toutes les Compagnies ou la Mission devaient périr, il vaudrait [mieux] laisser périr le reste, etc. »
M. Vincent fait instance pour les vœux et dit qu’il croit que Notre- Seigneur veut qu’on les fasse; enverra à Rome au plus tôt homme qui ne fasse que cela, etc.
Le jeudi 6. — Proposé savoir si on statuera un temps pour aller en mission et un autre pour reposer, ou s’il y aura des missionnaires perpétuels qui ne bougeassent de mission. Nota qu’il avait pensé si on ne choisirait pas le supérieur général de ceux-là. — Contre : cela ne se peut facilement déterminer. On ne ... les missions que comme l’avancement de ... 1 L’on cesse le principal de la Compagnie. Les Jésuites n’ont déterminé le temps de la maison professe. — Pour : un homme ne peut pas toujours travailler. Ce sera une consolation pour la Compagnie.
M. Bécu. — Oui, pour la première; la deuxième est difhoile à raison du temps d’intermission.
M. Gilles. — L’un et l'autre bons.
M. Cuissot. — Item , quia on fait du premier; le deuxième est conforme.
M. Blatiron. — Item; et s’y est offert.
i. Ici un mot illisible.
M. Thibault. — • Bon, la première; la deuxième aussi, smon qu’il faudrait revenir au temps d’intermission, quia on se dissipe. On reçoit consolation de la Compagnie. Il peut arriver inconvénient. Les supérieurs devraient être affectionnés aux missions et ne souffrir personne qui n’y eût été.
M. Gilles. — Il faudrait temps déterminé pour enseigner pour les missions; néanmoins cela lui paraît difficile. Avoir soin de ceux qui travaillent; suivre les inclinations, 'etc. La mission perpétuelle lui paraît une proposition d’une chose difficile, quia la nature n’y fournirait point; il faudrait prêcher sans préparation; on perdrait l’esprit d'intériorité; on consommerait son monde en peu de temps.
M. Dehorgny. — De même. Il ne faudrait rien statuer, mais avoir égard beaucoup et aux vieillards et aux jeunes gens. L’autre lui paraît non faisable.
M. Portail. — - Item.
M. Aimeras. — Avoir égard aux vieiils et aux jeunes; l’autre difficile, non néananoins impossible; il faudrait en essayer.
M du Chesne — Toutes deux aisées, sans rien statuer; la dernière, quia status vocationis alii faciunt sficrancLum in misericordia divina; sunt qui se ojferunt.
M. Lambert. — Maison, en chaque province, de futurs missionnaires sans exercitants, etc.
Conclu à l’unie et à l’autre proposition sans rien statuer, et de ne point prescrire de temps à la mission, et aviser à secourir ceux qui voudront aller en mission, et leur donner des meubles avec lits, linge, vaisselle, etc., un frère cuisinier, etc.
Le lendemain . — Proposé qu’il faut être court en ses délibérations. i° Sic in conciliis , où on vide 30 et 40 affaires, et grandes; on dit son avis et deux raisons cour-
tement. Deux façons de connaître la vérité : 1° Par simple élévation à Dieu; 2° Par raisonnement. Deux raisons ou trois sont de la nature de la chose; les autres embrouillent. Deux ou trois avocats pour bien compulser une affaire; davantage embrouillent; ainsi des médecins. Le premier médecin du roi; [le roi] se met entre les mains d’un seul médecin. M. de Bérulle entre ses résolutions avait : « Je jugerai des affaires par élévation à Dieu. » On perd beaucoup de temps. Il y a des conséquences dangereuses et des effets mauvais. C’est établir son sentiment et raisonnement.
Savoir si on ne se permet point de couper et trancher. — Oui, tous, etc.
Proposé savoir si l’élection du général faite par la proposition de deux personnes par le général précédent [doit être maintenue.] — Sic les Filles de Sainte-Marie. Personne ne connaît mieux la Compagnie; rien à craindre le faisant comme porte la règle. — • Contre : les Jésuites ne font pas comme cela; ont eu toujours de grands hommes. Cela vient de M. Vincent, de moi, ce misérable, ce dit-il; j’ai eu peur.
Alméras. — Oui, quia sic statutum. Néanmoins trois difficultés : que la Compagnie semble liée; que le général peut devenir faible d’esprit, comme Vitelleschi 2, qui se laissait gouverner par son coadjuteur. Cela peine, ou, refusé, on lui donnera de la vanité. Les votera si on les rebute, ou ... à corriger ladite règle après la mort de celui qu’on verra en abuser.
Le samedi 8. — Savoir si on fera distinction de degrés dans la Compagnie. — Pour : quia les Jésuites le font ou l’ont fait fort à propos pour le être supérieur; il y aura de l’émulation; l’on ne pourra pas si aisément