‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 130 sur 314 · Supérieur général des Jésuites de 1611 à · texte numérisé non relu

Supérieur général des Jésuites de 1611 à

faire un mauvais supérieur. — Contre : cela n’est pas, simple; à craindre l’envie; on n’a pas commencé; difficile de trouver comment distinguer.

Refusé. Point de degrés, mais on fera liste des plus vertueux et savants, que tiendra le supérieur général; et choisira des supérieurs d’iceux.

Le même jour . — Si on doit lier davantage ceux de la Conférence qu’ils ne sont liés à présent. — Rép. Non, quia non apparet in quo .

Si on les conviera à la mission. — Pour : ils ont commencé, et l’œuvre de la mission a commencé avec eux ; Dieu leur donne grâce; on forme des hommes; on servira plusieurs; ils nous tiennent en bride. — Contre : on y a peine; ils voient notre faiblesse; ils se scandalisent de nous et mésestiment; ce n’est plus comme au commencement.

Il s’y faut tenir, etc. Plutôt renvoyer ceux de la Compagnie qui y ont peine. Néanmoins nota qu’il ne faut leur donner aucune supériorité; que les nôtres soient moins qu’eux ; un ou deux des nôtres ; qu’on choisisse ceux des nôtres et d’entre eux, qu’ils assistassent à la conférence.

Agréé d’envoyer les nôtres qui y .auraient disposition en la place des curés et les mener en mission... à Vaucresson 3.

Savoir si on obligera à restitution devant l’absolution. - — - Oui, M. Blatiron à Gênes, si la chose est publique, fait payer sur-le-champ, ou fait obligation; si secrète, etiam cum incommodo , on a dit la passer à M. le curé, qui y satisfera ( res difficilis). Baste, pour une première fois, ou à un homme de bien, ou à leur curé. A on placiàt omnibus , quia la mission est extraordinaire.

3. Localité de l’arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise )

Le Père Eudes en use utilement. A proposé de marquer les cas principaux qui obligent à restitution. Quand on remet peine, s’en souvenir; dire qu’il dit cela et cela, que nous tenons plus propre pour nous souvenir, etc.

M. Gilles donne secrètement l’absolution et dit qu’i'l ne l’a point donnée publiquement. — Réprouvé de tous* quia judex quod fide debet , audiente et consentiente reo. C’est duplicité en les sacrements, et la forme du sacrement doit être sensible.

Le lundi io. — L’une des choses à remarquer pour les missions avec les externes, qu’on les choisisse bien, même les nôtres. Que les nôtres d’ordinaire ne soient qu'un ou deux. Qu’ils assistent à la conférence et répétition d’oraison. Loger ensemble. Que le directeur connaisse leurs forces corporelles et spirituelles.

Avisé si on continuerait la conférence à l’ordinaire les jours de récréation. — Ordonné que chacun remarquerait ses difficultés et expédients. A 4 heures après dîner l’été, c’est le meilleur à se promener. On y a peine à assujettir la Compagnie et les externes. A 2 heures, on doit, comme à 8 heures du soir. Le matin, on n’est pas assemblé; les dimanches, on est nécessaire à l’église.

Proposé savoir si on réglerait les peines pour grief moyen et simple coulpe. — C’est la conduite de Dieu dans l’Ancien Testament, de l’Eglise dans les canons, de la police. Sainte-Marie en use. Cela règle les supérieurs qui sont ou trop colères et bilieux, ou trop doux. — Contre : ce n’est pas la pratique des Jésuites; trois choses y suppléent : le châtiment, les avertissements et faire mettre à genoux à la répétition de l’oraison.

Il a été résolu que l’on en ferait distinction, et députer MM. du Chesne, Thibault et Blatiron pour y travailler dès l’après-dîner et le lendemain.

Ensuite M. Vincent a demandé à M. Blatiron comme

il se comportait aux missions. — Réponse : On dort 7 h. 1/2; une 1 /2 heure d’oraison, sans y comprendre la lecture et les litanies; l'office ensemble; confessions, les récréations et cas de conscience; l’on donne des papiers pour les confessions aux personnes instruites. On fait la conférence le lendemain du jour de congé, ou le dimanche et la fête, une 1 J 2 heure, etc.

Mercredi 12. — Si une prédication suffit. - — Réponse : oui, tellement quellement, divisée en catéchisme et prédication.

Si 2 actions, la prédication et le catéchisme. — Oui.

Si on ôtera le catéchisme de midi. — Oui; on a ainsi commencé. Les hommes, très peu y assistent; on y suppléera par le catéchisme du soir et du matin. Ne point diviser l’action du soir en catéchisme et prédication. On se lasse trop ; la mémoire se perd ; on n’a que des enfants devant soi, qui troublent. Néanmoins la conclusion a été à éprouver jusques à la première assemblée, à deux actions.

S’il faut souffrir passer trois quarts ou une heure aux prédications. — Non, il f aut donner pénitence pour cela. 11 le faut vouloir, prier pour cela, priver de la prédication et de vin, etc. Mettre cela entre les fautes.

Le jeudi 13. • — A été [délibéré] sur les vœux de ne briguer charge ni aucun bénéfice. — Réponse. Il les faut faire au plus tôt, et la Compagnie s’y est offerte. En recevoir qui assisteront aux assemblées provinciales et seront supérieurs généraux et visiteurs. On a résolu de travailler aux règles de C ongregatione frovinciali , où tout s’est trouvé à corriger.

Le même jour, sur les sources du défaut de charité et les moyens de la procurer.

Causes de la désunion. — M. Vincent : la nature, qui a sympathie ou antipathie, si on la suit ; désir de biens,

d’honneurs et de plaisirs; se contredire opiniâtrement; se choquer par vivacité de jugement; rapports et médisances par jugements sinistres; manquer aux offices de charité; trop d’amour-propre; s’entretenir des défauts les uns des autres et notamment des talents ; ne se point défendre de ne point assez converser; défaut de respect; envie; supierbe; trop réservé; défaut de conduite en quelque supérieur; quelque esprit fâcheux; mélange de personnes affermies en leur vocation avec d’autres; défaut d’uniformité; défaut d’assemblées générales (néanmoins les Jésuites disent : raro fiant , etc.) ; communications entre les maisons manquant; faire paraître qu’on n’a point assez d’estime de ce que disent ou font les autres; esprit altier; l’immortification ; défaut de compassion.

Remèdes. — - Avoir ces sources devant les yeux et les détester ; haine de nous ; grande ouverture de cœur ; faire pénitence des médisances et les rapporter au supérieur; faire souvent des conférences sur ce sujet; écarter les esprits antipathiques ; que les supérieurs y tiennent la main; entendre souvent les communications; notandum l’estime des personnes; l’amour de son abjection; ne point résister aux propositions et sentiments des autres; bien parler du prochain en son absence; aviser à ceux qu’on reçoit qu’ils ne soient altiers; assortir les personnes, évitant l’antipathie; support et condescendance; humilité et mortification; se défier dans les emplois; que tous sachent que l’on fait état du défaut d’union jusques à les renvoyer; communiquer les moyens de s’unir aux maisons; avoir des esprits unissants; secret et discrétion en paroles; l’amour de Dieu ; ne faire aux autres que ce que nous voulons pour nous-mêmes ; demander à Dieu l’esprit unissant; ne point se railler, à quoi il faut aviser; entretenir les conversations et inculquer.

Le ip. apres dînêe. — Si on conduira les Filles de la Charité. ■ — : C’est un œuvre de Dieu et de la Compagnie, qui fait grand bien, qu’on ne peut quitter aisément, etc. Tous d’ordinaire, non; oui bien d’extraordinaire.

M. Alméras. — Oui, avec parloir; qu’on convienne d’heure; qu’on les éloigne et qu'il y ait toujours quelqu’un.

Le sainedi ij. — Proposé si la règle touchant le bien des particuliers ne souffrait point de difficulté. - — Réponse. Oui, i° pour réparations; 2° pour les enfants de familles mineurs; 30 pour les titres confondus avec l’autre bien des parents; 40 comme recevoir le bien par procuration, ou par celui à qui il appartient; 5° quand il sera sorti, s’il reste des arrérages, comment les recevoir; "6° les parlements, les familles et le public y auront peine.

Expédients . • — ■ i° Le dessein est, comme on peut sortir, de conserver le bien des particuliers, sans leur en laisser le maniement, et néanmoins que la Compagnie en profite, sans se charger de rendre, puisqu’elle nourrit et qu’il est juste que celui qui a des moyens aide à nourrir ses frères. 20 Ecrire le dessein avec toutes ses difficultés, le proposer à -des avocats, conseillers de nos amis et deux docteurs experts dans les affaires de communauté.

Tout ce jour s’est passé à cela, sans terminer autrement l’affaire.

Entre autres choses remarquables que M. Vincent a -dites est qu’il souhaite que la congrégation n’entreprenne jamais de procès au prétoire que : i° on n’ait pris les avis des avocats et qu’elle leur ait demandé si la cause est certaine; si elle est douteuse, qu’on la laisse; 2° qu’elle n’ait fait son possible pour vider l’affaire par arbitrage, comme il a fait au fait de M. Delattre.

Ceux qui entreront en ladite congrégation et auront des bénéfices simples ou pensions, comme aussi ceux qui jouiront actuellement de leurs biens, ou auxquels il écherra quelque succession depuis leur entrée en ladite congrégation, laisseront le maniement et jouissance des revenus desdits bénéfices, pensions et autres susdits biens à ladite congrégation, en sorte néanmoins qu’ils seront en liberté de disposer de leurs fonds selon les lois et coutumes des lieux. Et cas arrivant qu’ils sortent de ladite congrégation, ils rentreront en jouissance et maniement des revenus desdits biens et bénéfices du jour qu’ils sortiront, sans qu’ils puissent toutefois répéter la jouissance des revenus desdits bénéfices et autres biens zreçus et à recevoir par ladite congrégation jusqu ’ audit jour de leur sortie.

Sur ceci l’on demande : i° si une congrégation particulière établie dans l’Eglise par l’autoirité du Pape et du roi, ayant pouvoir de faire des règles et constitutions, peut faire celle-ci et l’insérer dans ses constitutions ; et en cas qu’elle le puisse :

2° En vertu de quoi ladite congrégation pourra jouir des biens qui y sont mentionnés et si on ne les lui pourra point répéter, ou par la sortie de celui à qui ils appartiendront, ou par sa mort, lui ou ses héritiers rentrant dans le susdit droit.

3° A qui il appartiendra de donner les quittances — au propriétaire ou au procureur de la maison? — et s’il faudra qu’il passe procuration pour lesdites quittances et pour gérer lesdits biens.

4° Comme se comporter pour recueillir la succession de ceux à qui il en écherra depuis qu’il sera entré dans la congrégation ; si ce sera par lui-même ou pair procureur, ou du dedans ou du dehors de la congrégation.

5° Quelle obligation l’on aura d’entretenir les bâti-

ments et édifices dépendants des susdits biens, et si on pourra répéter -lesdites réparations sur la congrégation, le propriétaire se retirant de la congrégation, ou mourant.

6° Comme on pourra percevoir les arrérages encore d eux, le propriétaire ou étant retiré de la congrégation, ou du monde par la mort.

Le dimanche 16. — • Il a proposé l'examen du catalogue des fautes fait selon l’ordonnance du lundi iojuillet et comme on y procéderait, notant que les Jésuites, en rassemblée générale, y firent un catalogue de grosses fautes et ordonnèrent que l’on le lirait tous les ans au réfectoire.

Agité pour parler aux femmes et filles, que la chambre ... est les faire entrer chez nous; si on leur parlera en l’église et comment. — • Comme on ferait cette demande. Trois façons : per invocationem Spiritus Sancti , sic multi sancti electi; per scrutinium cum duabus fabis , aut caria, aut una , seu duae thecae ita dispositae ut nenio videat quid eligatur ; aut per compr omissarium ; sic ... elegit Greg. id de Joan. 21 , a se electus , una ses.

Le lundi 17. — Touchant les coadjuteurs, leur conduite et leur habit. Trois sortes de conduites : ia celle de pur amour et de cordialité; sont serviteurs de Dieu et sont nos frères... 2° Celle de pure rigueur. Les proverbes sont des Evangiles. Oignez vilains. Les Carmes déchaux bien servis, quand leurs frères étaient gentilshommes. 30 Mixte. Celle de Dieu est telle. A Gênes, rigueur nécessaire. Plusieurs font peine, à raison de l’habit noir, et ne veulent rien faire.

Plusieurs : toutes les trois conduites sont nécessaires; d’autres : la mixte; d’autres : celle de pur amour, de laquelle s’ils ne sont capables les faut expulser. Nota : oratio non sit communis, repetitio , nec collatio; niensa,

maxime in peregrinationibus et itineribus ; si non sint superintendentes in suis officiis , ne quid incipiant aut curent fieri sine collatore officiorum; paucis cum illis agatur , nec ulla sit in eis familiaritas; collare sit aliud , etiam in gestantibus nigrum; ne sacerdotes et clerici corrigantur coram eis , nec isti laudentur ; expensae eorum in viis sint ad ordinem redactae. 0 bmur murant si nobiscum quandoque non edunt , imo et ingerunt se. CartJiusiani suos ne sinunt servire sacerdotibus , etc., non habent satis oblatis ... in itineribus.

18. — M. Vincent. — - Qu’il faut un gouvernement mixte, mais qu’il faut supposer que la conduite chrétienne veut et oblige à l’humilité. Non veni ministrari, sed ministrare , etc. Point d’esclaves parmi les chrétiens que ceux qu’on envoie aux galères pour leurs crimes. La conduite douce, amiable est la meilleure dans la pratique, et il l’a ainsi trouvé dans l’expérience. Ce sont nos frères, etc. Pour cela, résolution : ne point changer l’habit, mais le donner difficilement et en réserver le pouvoir au général ; tenir ferme à renvoyer ceux qui en abusent et se rétractent; les faire manger à la ville et aux voyages à table comme nous. Il l’a fait à la table de Madame d’Aiguillon; même nourriture que nous et même monture, sinon quelquefois pour peu, ou les envoyer devant; difficile de régler la dépense quand il faut aller aux champs; ne point donner de serviteurs aux prêtres en leur présence, et souvent il a pensé si on les convierait à la répétition de l’oraison, après qu'ils ont dit : res indigesta. Ici beaucoup réclamé qu’il faille craindre de faire paraître nos turpitudes. 2° Qui donne plus de sujet de correction des frères, des clercs et des prêtres, etc.

Apres dînée. — Si on doit garder la règle qui dit qu’ils enseigneront. Raisons pour : telle est la pratique;

Page 1