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LA CHARITÉ DE MACON D’APRÈS LES REGISTRES DE L’HOTEL DE VILLE

(Septembre 1621)

Du jeudi seizième de septembre mil six cent vingt et un, en l’hôtel commun de la ville de Mâcon, où étaient assemblés M. Foillaird, lieutenant général, prévôt en garde et juge royal de ladite ville; M. Chandon, doyen en l’église cathédrale dudit Mâcon; M. Demeaulx, lieutenant criminel ; M. Chandon, ci-devant lieutenant criminel; Messire Benoît Buchet, procureur du roi au bail-

Document 134. — Arch. munie, de Mâcon, 22e livre secrétarial. Ce document a été publié par Henri Batault dans sa Notice historique sur T Association des Dames de la Miséricorde de Chalon-sur-Saône, 1878, in-8, p. ç.

liage; Messire Nicolas Moisson, avocat du roi; Maître Pierre Desagie, honnête Claude Hugand, honorable Jean Desvignes, honnête Antoine de la Fonteyne, Maître Nicolas Bayard, échevins; Maître Pierre Bruys, procureur syndic; M. Antonin de Moras, M. Antonin Fevron, chevaliers et co-chapelains en l’église Saint- Pierre; M. Antoine de Pise, président en l’élection, capitaine de ladite ville; M. François de Rymon, lieutenant en ladite élection; M. Alexandre Aroelin, prévôt de nosseigneurs les maréchaux de France au pays du Méconnais, élu en ladite élection; Monsieur Salomon Chesnard, receveur du roi, lieutenant au premier capitaine de la dite ville; Monsieur Pierre Desboys, avocat au bailliage; Maître Philibert Mathoud, Maître Jean Bourohanin, procureurs audit bailliage; et plusieurs autres honorables bourgeois et marchands : Valentin Sirauldin, Henri Olivier, Philibert Préau, Jean Molard, Etienne Pereeval, Nicolas Aubel, Hugues Syon, Paul Grangier, Thibaut Correlier, Laurent Boivin, Henri Doudin, Simon Rossât, Claude de Veylle, Jean Renard, Jean Cochouol, Nicolas Soldat, Antoine Trambly.

Ledit sieur Moisson a dit le sujet de cette assemblée être extraordinaire, s’agissant tant de piété que police.

La première est de pourvoir aux pauvres de cette ville, ainsi que Dieu le commande; œuvre charitable qui se peut faire par les moyens que l’on a avisés, et qui évitera les importunités desdits pauvres aux églises et portes des maisons, où ils reçoivent librement des aumônes; qui est cause que la plupart desdits pauvres, même les valides, ne veulent rien faire. Il y a quelques années qu’on y voulut mettre ordre par un hôpital renfermé ; la visite ayant été faite, il ne s’y trouva la moitié des pauvres qui voulût se dire de la qualité, craignant d’être renfermés. Néanmoins, ayant appris l’expédient n etre propre, même à cause des mauvais dépor-

temeints des pauvres renfermés aux villes où ils ont été établis, ne fut passé outre en ce lieu de Mâcon.

Qu’il y a en ce moment un religieux prêtre de M. le général des galères, mû de piété et dévotion, qui est en cette ville et a communiqué les formes par le moyen desquelles l’on a pourvu au soulagement et nourriture desdits pauvres tant à Trévoux qu’autres villes circonvoisines, la première étant de faire une exacte visite pour savoir le nombre des pauvres qui sont en cette ville, valides et invalides.

Le second point est que M. de Trémon, gouverneur de cette ville, a fait savoir comme les dames religieuses Carmélites désirent s’établir en cette ville, ne requérant que consentement des habitants, sans les constituer en aucuns frais; ce à quoi la Compagnie est priée de délibérer.

M. le lieutenant général a dit que l’une et l’autre des propositions sont en tout louables et doivent être embrassées, pour être pieuses, dévotes et recommandables ; que si l’on peut, comme il est facile, établir cette Charité, elle évitera l’importunité des pauvres, s’assurant que, si chacun donne volontairement quelque chose, ce sera beaucoup moins que ce qu’ils donnent ordinairement en leurs portes et aux églises èsdits pauvres, lesquels il faut instruire, les faire craindre d’une crainte d’amour, qui est de les catéchiser et faire communier, pour les faire obéir volontairement, n’étant besoin d’aucun bâtiment, parce que l’on ne les peut tenir en maison renfermée, mais qu’il est nécessaire de veiller à faire choix de personnages capables pour en avoir soin et recueillir les charités et aumônes pour les distribuer, ainsi qu’il sera avisé pour le mieux, et, pour ce, faire une ample et exacte recherche des pauvres pour savoir le nombre tant des valides que des invalides, pour y pourvoir et leur faire entendre la forme des déportements

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et vies que l’on désire pour leur bien et salut, aviser de faire un fonds à aumônes volontaires pour un grenier et cellier, et faire apprendre quelques métiers aux jeunes enfants pour leur donner moyen de gagner leur vie, messieurs de l’église étant priés d’y contribuer, ensemble tout le corps de la ville en général et particulier, étant besoin d’établir des receveurs et des troncs aux églises, boutiques, hôtelleries, s’assurant que les dames pieuses et dévotes s’adonneront à visiter et servir les pauvres malades; et néanmoins toutes ces choses seront volontaires; et pour directeurs et administrateurs, prendre de chacun corps de ville une ou deux personnes pour un an, et ainsi tour à tour.

Monsieur le doyen de Saint-Vincent a dit que c’est une extrême consolation de voir une augmentation et suite de la piété et dévotion que feu Monsieur de Mâcon a auparavant désiré d'établir, vraie marque du soin particulier que Dieu a de nous; considéré que particulièrement les pauvres sont tant recommandables dans l’Evangile; qu’encore qu’il semble y avoir de la difficulté, il faut croire que Dieu rendra toute chose facile, puisque non seulement il s'agit de la nourriture corporelle des pauvres, mais aussi de la spirituelle ; à quoi ils contribueront très volontiers, même du revenu de leur église destiné à l’aumône.

M. Chandon, ci-devant (lieutenant criminel, a dit qu’il n’y a personne qui non seulement accepte, ains embrasse de cœur et affection ce qui a été proposé; et puisqu’il s’agit de la charité et service de Dieu, venant à l’exécution, rien ne sera impossible.

Les sieurs Fevron et de Moras ont été priés de représenter à messieurs les prévôt et chanoines de l'église Saint-Pierre l’acheminement de cette tant louable Charité; ce qu’ils ont promis de faire.

Monsieur le procureur du roi a dit que l’affaire est si

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pieuse et si dévote qu’il croit ores que cette assemblée ne soit si ample qu’il désirerait. Il ne se trouvera personne qui n’y prête consentement et ne contribue à 1 aumône volontaire, joint l’instruction que les pauvres recevront tant à prier et servir Dieu, qu’aux œuvres de métiers où ils seront employés.

Il est aussi d’avis de la réception des dames Carmélites.

Monsieur le président de Prse a dit que 1 une et 1 autre des propositions sont si saintes et si louables qu’elles doivent être suivies et que volontiers il contribuera a la Charité.

Le sieur Sirauldm a dit que le Samt-Ksprit a donne cette inspiration et qu’on doit suivre les propositions et commencer à travailler pour les pauvres.

Tous les autres personnages susnommés et présents ont été de même avis.

Quoi vu, pour l’acheminement d’une si sainte et louable Chanté, d’un commun accord a été résolu que les dames Carmélites seront reçues en la ville de Mâcon ; que Messieurs de l’église sont dès à présent pries de nommer un personnage de chacun de leur chapitre, qui, avec les ci-après élus, feront le nombre de dix, qui seront directeurs et administrateurs de ladite Charité, sa- * voir : les deux qu’il plaira à Messieurs de l’église de nommer, en outre de Monsieur le doyen, s'il lui plaît; M. le procureur du roi; Messieurs Desagie et de la Fonteyne, co-échevins, ; Monsieur le prévôt Arcelin; M. l’avocat Desboys; M. le receveur Chesnard; M. Mathoud, procureur; M. Sirauldin, bourgeois.

Six desquels pourront délibérer en l’absence des autres. Et sera commencé par la visite générale, qui sera faite pour savoir le nombre des pauvres tant valides qu’invalides; que tous les dimanches, heure de midi,

lesdits sieurs s’assembleront et prieront messieurs les administrateurs de l’hôpital de les assister et qu'en l’église Saint-Nizier se trouveront tous lesdits pauvres pour ouïr la sainte messe, exhortation et catéchisme v aux jours qui leur seront ordonnés,

Perrier.

Du vendredi dix-septième jour de septembre mil six cent vingt et un, en l’hôtel commun de la ville de Mâcon, où étaient assemblés Monsieur le lieutenant général, M. le doyen Chandon, M. Moisson, avocat du roi, M. le prévôt Arcelin, M. Desboys, avocat, M. Salomon Chesnard, receveur du roi, M. Pierre Desagie, honorable Antoine de la Fonteyne, Messire Philibert Mathoud, procureur, honorable Valentin Sirauldin.

A été proposé que, pour commencer l’établissement de la charité chrétienne, suivant les consentements et résolutions du jour d’hier, pour pourvoir aux pauvres de cette ville, est besoin treuver deniers, du moins deux cents écus, attendant les aumônes et charités des gens de bien.

Ledit fait mis en considération, a été résolu qu’il est besoin recueillir et joindre toutes les rentes, pensions et fondations destinées à l'aumône pour parvenir à ce, * et que tout présentement l’on commencera à faire la visite générale pour savoir le nombre des pauvres; ce dont sera averti mondit sieur de Mâcon, pour le prier d’autoriser et bénir l’œuvre.

Lesdits sieurs s’étant à même instant acheminés vers Monsieur de Mâcon, auquel ayant été représenté ce qui s’est passé, a dit qu’il loue Dieu d’une si sainte intention, autorisant dès à présent tout ce qui a été et sera fait, priant lesdits sieurs vouloir continuer tous si bonne œuvre, à laquelle il désire contribuer.

Perrier.

135. — LA CHARITÉ MIXTE DE MACON D’APRÈS LE REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS CAPITULAIRES

Du vendredi dix- septième jour du mois de septembre mil six cent vingt-un, au chapitre et lieu capitulaire de l’église de Mâcon, au son de la cloche, à la manière accoutumée, séants vénérables et égrèges seigneurs Messires Nicolas Chandon, doyen; François de Pise, chantre, Noël Denaups, de Mâcon, Daniel Laurent, de Rousset, Gratien Bernard, de Verissey, Jean de Nobles, de Vaux-Renard, archidiacres; François de Mouthaudry, Pierre Jouchet, Jean Pommier, Philibert Ab legré, Aimé Demeaulx, Antoine Bergier, Philibert Morel, Louiis Denaups et Jean Dinet, chanoines capitulaires, assistés de Messire François Broyer, procureur général des dits seigneurs.

A remontré M. le doyen qu’il fut hier appelé en maison de ville, où il fut fait cette proposition par un ecclésiastique, soi-disant aumônier de M. le général des galères, pour pourvoir à la nourriture et aliment des pauvres qui mendient tant par la ville que par les églises, afin de se rédimer de l’ennui de plusieurs personnes qui mendient sans aucune nécessité, où aurait eu lieu ladite assemblée, avertis MM. de Saint-Pierre pour y assister; mais, n’y ayant aucun desdits sieurs en la ville, on aurait prié M. Fevron et M. Deucoras d’y assister pour donner avis auxdits sieurs du contenu de ladite assemblée, laquelle fut qu’il était délibéré qu’on nommerait un ou deux de ladite Compagnie pour assister messieurs les lieutenants généraux civil et criminel avec messieurs les échevins et commissaires députés pour faire inventaire du nombre des pauvres qui sont

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l’église de Mâcon.

Arch. munie, de Mâcon, actes capitulaires de

en ladite ville, et après treuver moyen pour nourrir ceux qui ne pourront travailler tant à cause de lia maladie que pour la vieillesse, et ceux qui pourront travailler les y contraindre, ordonner des personnes pour l’instruction de la jeunesse, et des prêtres pour leur dire messe les dimanches et fêtes de l’année, et que, pour subvenir audit entretien, qu’un chacun donnera à sa volonté pour les aumônes, qui sera à une boîte ou à un tronc qu’on établira à toutes les églises pour ramasser ce qu’il plaira à un chacun donner.

A laquelle remontrance, mesdits sieurs ont nommé ledit sieur doyen pour aviser à ladite institution, à la charge de rien promettre ni donner du revenu de leurs aumônes, que premièrement ils n’aient avertissement du tout; ce que ledit sieur doyen a accepté, avec déclaration qu’il a faite de rien octroyer sans donner avis auxdits sieurs de tout ce qu’ils leur demanderont, et n’accepte ladite charge que pour cette année seulement.

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