Le premier projet place cet article après le suivant
6. Les mots « au dîner » ne se trouvent que dans le second projet.
du irôti et bouilli au souper, à ceux qui en auront besoin, si l'ordre déjà établi n’en dispose autrement.
Mais, pour ceux qu’il n’est pas expédient qu’ils mangent de la viande solide, il leur sera donné des bouillons et des œufs frais .alternativement, et de trois heures en trois heures, en sorte qu’ils aient quatre bouillons et trois œufs par jour.
Les pauvres ayant dîné, elles feront leur examen particulier, dîneront à onze heures précisément, avec portion et lecture de table, qu’elles feront tour à tour 7 ; puis, grâces étant dites, elles diront une dizaine de leur chapelet, pour offrir à Dieu ce qu’elles doivent faire l’après-dîner, et pour lui demander la grâce de le faire en son amour.
Cela fait, deux d’entr’elles s’en iront relever la sœur qui est restée auprès des malades, laquelle s'en ira dîner à la seconde table avec la lectrice ; elles tâcheront de récréer les malades.
La lectrice et la garde des malades, ayant dîné et rendu grâces à Dieu et desservi la table, s’en iront à l’église ou à l’oratoire dire une dizaine de leur chapelet à même fin que dessus, et les autres deux sœurs s’en iront laver la vaisselle et travailler aux emplois qui leur seront destinés par la supérieure.
S'il n’y a point à Angers une Compagnie de dames de la Charité de l’ Hôtel-Dieu pour donner la collation aux pauvres malades, les sœurs se rendront à l’infirmerie, à deux heures précisément, pour leur donner Quelques petites douceurs pour leur collation, comme sont des poires et pommes cuites, et, si ces messieurs l’agréent, quelques confitures et des rôtis au sucre.
Celles qui ne seront point en garde auprès des malades s’en retourneront à leurs emplois, ou, si elles n’ont
7* Les mots « tour a tour » ne figurent que dans le second projet.
rien qui presse, demeureront à l'infirmerie pour instruire les pauvres gens, disposer les nouveaux venus à la confession générale et leur faire faire des actes intérieurs de foi, d esperance, de charité, de contrition et de conformité au bon plaisir de Dieu, et les consoler, comme au matin.
A quatre heures, elles donneront les lavements, changeront de drap à ceux qui se seront gâtés, videront les pots, raccommoderont un peu les lits des malades sans qu’ils se lèvent.
A cinq heures précisément, toutes les sœurs se rendront à 1 infirmerie pour faire souper les malades et les servir comme au dîner.; après cela, les sœurs s’en iront faire une demi-heure d’oraison, et, au bout, l’examen particulier, et souperont ensuite, puis diront grâces et feront comme au dîner.
Après grâces, qui sera environ six heures et demie, les sœurs se rendront à l’infirmerie, relèveront la garde, l’enverront souper avec la lectrice et faire tout comme après le dîner, tandis que les autres feront coucher avant sept heures les malades qui seront debout, donneront ordre qu’il y ait du vin et quelques petites douceurs pour subvenir aux besoins des plus malades.
A sept heures et demie, toutes les sœurs se rendront à l’infirmerie, feront l'examen général et le feront faire aux malades qui le pourront, lisant les points tout haut par 1 une d entre elles au milieu de l’infirmerie, puis diront les litanies de la Vierge et liront les points de l’oraison; et la supérieure donnera de l’eau bénite à tous les malades et aux sœurs.
A huit heures, les sœurs se retireront, laisseront une d entre elles dans l’infirmerie, pour veiller et assister les plus malades et aider les moribonds à bien mourir, et achèvera son chapelet au premier somme des malades
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et passera la nuit en veillant, lisant et sommeillant parfois, tandis que les pauvres reposeront; les autres se retireront à leur office pour apprêter ce qu’il faudra pour le lendemain matin, et se coucheront précisément à neuf heures, après avoir fait l’acte d’adoration.
A trois heures et demie, la veilleresse fera son oraison, et, à quatre heures, elle la finira et ira éveiller les autres et prendre quelque chose, si elle veut, et s’ira coucher jusqu’à neuf heures, quelle se lèvera pour entendre la sainte messe ; et la supérieure enverra une autre à sa place, qui y fera son oraison à la même manière et pendant le même temps que les autres, si ce n’est que sa présence soit nécessaire à l’entour de quelque malade, auquel cas elle saura que le service qu’elle rend aux malades est une continuelle oraison devant Dieu.
Et afin qu’il plaise à Dieu leur faire la grâce d’accomplir toutes ces choses, elles la lui demanderont souvent, se confesseront et communieront à cette intention; marcheront en la présence de Dieu ; prendront pour leurs patrons et intercesseurs devant Dieu la sainte Vierge,, saint Joseph, saint Louis, sainte Geneviève, sainte Marguerite, reine, saint Jean l’Evangéliste, patron de l’hôpital ; seront fidèles à bien faire exactement leurs actions journalières; vivront en grande bonté, douceur et cordialité les unes avec les autres et avec les pauvres ; s’étudieront à être fort humbles vers un chacun et fort respectueuses et obéissantes- envers messieurs les administrateurs; s’éloigneront de la communication du monde, notamment des religieux de la maison, auxquels elles ne parleront jamais que deux ensemble, et encore courtement, et pour choses nécessaires, ni jamais des leursr même sous prétexte de charité, ni de leurs petites affaires et difficultés, à personne, si ce n’est à la supérieure; écriront souvent à leurs supérieurs spirituels de
Paris l’état de leur intérieur et suivront leurs avis et obéiront exactement; liront tous les vendredis à table le présent règlement; et enfin se représenteront le bonheur de leur condition : comme elles servent Notre- Seigneur en la personne de ses pauvres, comme il reconnaîtra que c’est à lui qu’elles rendent le service qu’elles rendent aux pauvres malades, et comme elles iront la tête levée au jour du jugement, comme elles accomplissent entièrement la loi de Dieu en faisant ce qu’elles font et comme enfin elles seront toujours en Dieu, et Dieu toujours en elles, tandis qu’elles demeureront en la charité.