‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 194 sur 314 · Evangile de saint Matthieu VII · texte numérisé non relu

Evangile de saint Matthieu VII

à Saint-Paul. Que vous en semble, Mademoiselle? Sur laquelle avez-vous jeté les yeux?

Mademoiselle dit qu’il en fallait une qui eût beaucoup de qualités, qui n’étaient pas communes à toutes et que, pour ce, il était bon que ma sœur Anne 3 dît une partie de ce qu’il y avait à faire, afin que l’on pût mieux juger.

— Eh bien! ma sœur Anne, dit Monsieur Vincent, dites-nous un peu les affaires qu’il y a.

La sœur dit que premièrement la Charité n’était point en ordre comme es autres paroisses, qu’il n’y avait point de revenu assuré et qu’il fallait que la sœur eût soin de recevoir tous les mois de l’argent des dames, faire toute la dépense et les pots au logis et rendre compte au bout de chaque mois, qu’il fallait faire faire les drogues. Et comme il y a des dames qui en envoient quérir, il les en faut accommoder, parce que, le leur refusant, il serait à craindre qu’elles ne donnassent rien à la Charité; qu’il venait une quantité de pauvres qui n’étaient à la portion, demander quelque remède, ou autres choses ; que Monsieur le curé avait absolument défendu qu’on ne leur donnât rien, parce que le nombre s’en trouverait trop grand et qu’ils ne sont point dans l’ordre de la Charité; qu’il faut savoir fort bien faire les drogues et saigner, parce que le médecin vient au logis, qui voit une partie de ce qui se passe.

- — - Il faudra, ma hile, rédiger par écrit l’ordre qu’il faut quelle tienne et le faire signer par monsieur le curé, le faire mettre au net et le mettre en lieu où on le puisse voir. Eh bien! Mademoiselle, qui jugez-vous qui y soit propre ?

— Je vois bien qu’il faut une hile entendue, qui sache un peu son monde et qui ait de l’esprit.

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