Adrien Le Bon, ancien prieur de Saint-Lazare
pitié! Et que fallait-il faire? Hélas! mes Elles, il fallait que je m allasse jeter à ses pieds et lui demander pardon pour tous ceux qui lui avaient donné du mécontentement et nous bien faire coupables encore. Il s’apai- .sait, et puis, sur une autre occasion, c’était à recommencer. Je pense qu’il m’a vu plus de cinquante fois à ses pieds. Mais ne le fallait-il pas? Il est bien juste. Ce sont eux quii nous ont mis le pam à la main. C’est d’avoir à bon marché de l’avoir pour quelque petite soufd rance.
Qr, ma fille, ce que je vous recommande très particulièrement à l’égard de ces bonnes filles, c’est de vous numilier, de vous abaisser; et si elles vous chargent de quelque faute, l’avouer et leur en demander pardon. Il n y a rien qui gagne leurs cœurs comme cela. Ce bon monsieur disait dernièrement à M. Lucas 3 : « Je me suis repenti des fois ; mais ce pauvre homme se venait mettre à genoux devant moi ; cela me gagnait le cœur. » Et à 1 égard de M. le comte aussi, ma fille, humiliezvous bien; car, si vous manquez, il le verra fort bien et ne vous le cèlera pas.
— Mon Père, dit Mademoiselle, quant à l’ordre qui se garde dans l’hôpital, je pense que c’est presque comme aux Enfants trouvés. Si ce n’était point tout de même, y •changeront-elles quelque chose?
— Ce qui est bien, dit notre bon Père, il ne le faut point changer. Pour moi, j’ai pour maxime, où je vais, de ne rien changer de ce qui n’est point mal, pour l’accommoder a ma mode. J’aime bien mieux m’y accommoder, parce que je pense : « Qui suis-je, moi, qui veux ordonner et changer les choses? Ceux qui les ont faites ont. eu des raisons pour les faire ainsi, et ont pris conseil; et moi de ma tête j’irais tout renverser! Oh! j’aime