‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 207 sur 314 · Marie-Marthe Trumeau · texte numérisé non relu

Marie-Marthe Trumeau

Mortemar, ayant retiré Mademoiselle sa fille de céans3, n' avait pas satisfait à beaucoup près à la dépense qu’elle avait et qu’il y avait bien apparence que la maison y était lésée, savoir s’il serait à propos de lui faire savoir par nous-mêmes, ou par quelques amis, qui lui feraient entendre.

Notre très honoré Père, s’étant informé à combien cela pouvait aller, dit :

Vous avez à considérer deux choses : l’une, si vous demanderez ou ferez demander ce que vous pensez qui vous soit dû; l’autre, si vous voulez donner cela à Dieu et attendre de lui seul la récompense de ce que vous avez fait, et prendre cela comme un avertissement qu’il vous a donné, de ne rien faire en considération du monde, ni de la condition, mais tout pour son amour, et jamais rien pour un autre motif. Que vous en semble, ma sœur?

La sœur dit qu’avant que sa charité eût proposé les deux choses, l’intérêt de la maison l’avait fait incliner à la première, mais que présentement elle estimait qu’il fallait laisser à Dieu le soin de nous dédommager de cette perte et prendre l’instruction qu’il avait permis que cela nous donnât.

La seconde fut d’avis qu’au moins une fois on le demandât et que, si l’on ne nous en baillait rien, nous n’en parlassions pas davantage.

Et Mademoiselle fut d’avis que, non pas ouvertement, mais dans quelque occasion, on fît entendre adroitement à la dame qu’elle n’avait pas pleinement satisfait, que, si elle n’en faisait autre chose, nous la laissassions là.

Notre très honoré Père dit :

Oh ! je n’estime pas, mes sœurs, que vous deviez rien demander. Quand vous n’en auriez eu que l’instruction

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