Gabrielle, qui épousera en i655 le marquis de Thiange
qui vous en est demeurée, de ne rien faire en considération du monde, je vous trouverais assez bien payée. Croyez-moi, Dieu vous a voulu faire voir que vous n etes pas pour les gens de condition; vous n’êtes que pour les pauvres, et il faut que cela vous demeure désormais pour une maxime, de ne point recevoir de pensionnaires. Une des belles choses que je trouve dans le règlement de Madame 'de Villeneuve est de ne se point charger de pensionnaires de condition, « parce, dit-elle, Monsieur, que cela nous emporterait tout notre temps. S’il y a quelque chose de bon à la maison, il faut que ce soit pour elles; il faut qu’elles soient servies, quand tout devrait demeurer ; les autres voudront faire comme elles et tout tombera en désordre ». Oh! que j’ai trouvé cela beau, mes filles! Il faut que vous fassiez résolution d’en faire autant et croire que Dieu vous l’a voulu faire voir en ce rencontre, dont il le faut bien remercier.
Mademoiselle proposa ensuite si une de nos sœurs de la Compagnie, suivant l’avis de Madame de la Porte, irait voir Madame de Longueville, de qui dépendait la paroisse qu’elle desservait?
A quoi notre très honoré Père dit :
Je pense vous avoir dit autrefois, Mademoiselle, qu’il ne faut point que les Filles de la Charité recherchent d’être connues des grandes. A quoi bon, sans aucune nécessité, ni affaires, aller voir une princesse? Si elle entend parler de leur vertu, de leur bonne vie, du service qu’elles rendent aux pauvres, à la bonne heure. Il faut que ce soit la vertu qui fasse connaître les Filles de la Charité, et rien autre chose, et qu’elles ne recherchent jamais de se faire connaître. Plaise à la bonté de Dieu leur donner cet esprit et bénir la résolution que nous prenons maintenant de faire notre possible, non par nousmêmes, mais par lui, de Fy insinuer!
Benedictio Domini Nostri J esu Christï ...