‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 227 sur 314 · XIII · texte numérisé non relu

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toutes les précautions possibles pour éviter ce qua lui est contraire.

Et pour vous faire voir que je ne vous dis pas ceci sans sujet, j’ai un exemple remarquable à vous dire, toutefois sous le secret d’une personne d’une certaine Compagnie, que je ne nomme point, laquelle s’est lâchement mise en de très grands dangers de perdre ce précieux trésor. C’est pourquoi il n’y a point de pratique qui doive sembler trop difficile, quand elle peut servir à la conservation de cette vertu. Et depuis peu j’ai pensé à cette affaire sérieusement et en ai eu l’esprit rempli. C’est pourquoi je pense qu'il faut nécessairement trouver quelque moyen qui serve à maintenir toujours la Compagnie dans la pureté.

Et vous, Mademoiselle Le Gras, vous y êtes aussi obligée. Que se pourrait-il faire pour cela? Il y a dans les règles plusieurs articles. La modestie, qui est tant recommandée, le conseil qui y est donné de ne laisser entrer personne dans les chambres, particulièrement les hommes, en quelque lieu que ce soit, seraient d’assez puissants moyens; mais la faiblesse des esprits et la force des tentations ont besoin de quelque avertissement plus fréquent. Il me semble avoir ouï parler de quelque invention de porte, dont l’on se sert déjà en quelques paroisses.

Monsieur Portail répondit :

Oui, Monsieur, il y a plusieurs paroisses où cela s’est observé. Ce sont des doubles portes qui sont brisées, et les sœurs n’en ouvrent que le haut, quand ce sont personnes qui ne doivent point entrer.

— Voyons s’il n’y a point quelque autre moyen pour cela et si celui-là est bon à continuer.

Monsieur Vincent, notre très honoré Père, commença à interroger les sœurs, dont la première dit qu’elle avait entendu de quelques sœurs qu’elles trouvaient de la dif-

ficulté à observer cette règle de ne point laisser entrer d’hommes dans les chambres.

Notre très honoré Père ayant demandé quelles étaient ces difficultés, la sœur répondit que l’on disait que c’était contre le respect qu’on doit aux prêtres de leur parler à la porte, qu’il n’y avait point d’apparence, quand le confesseur est entré, de le faire sortir, pour lui parler sur la montée.

Une autre difficulté est que, le médecin venant pour écrire les ordonnances des malades, il faut qu’il entre nécessairement dans la chambre, et que, comme on entre facilement dans la maison de la supérieure, il n’y a pas d’apparence de faire aux paroisses ce qui ne s’y observe pas.

Monsieur notre très honoré Père suivant les avis de tous touchant ces difficultés, il fut répondu que cela n’était pas considérable et que, pour celle qui regardait les confesseurs, on pouvait leur parler à l’église, ou avoir une sonnette à la chambre. Ce qui ferait que les sœurs descendraient pour parler, et que, cela étant, il n’y aurait pas de nécessité de monter dans les chambres.

Pour ce qui avait été dit de la maison de la supérieure, il fut dit que ce n’était pas comme dans les paroisses, où il n’y a pour l’ordinaire que deux sœurs, et que, comme quantité de personnes avaient affaire à Mademoiselle Le Gras pour les offices de charité qu’elle exerçait pour le prochain, il ne fallait pas se servir de ce prétexte pour ne point observer cela.

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