‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 238 sur 314 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

ges qui lui étaient données, renvoya toute la gloire à Dieu, disant qu’elle se sentait obligée de dire quelle n’avait rien contribue a cela et qu elle ne sa\ait comme il s’était trouvé de quoi fournir aux frais du bâtiment, parce qu’il avait été commencé sans avoir fait de fonds et que la Providence en avait pourvu de telle sorte que l’on ne s'en était pas presque aperçu.

Monsieur Vincent loua aussi en ce rencontre la charité des sœurs qui apportent le surplus de l'argent, épargnant ce qu’elles peuvent pour aider à nourrir leurs sœurs qui sont à la maison, disant qu’après Dieu et la bonne conduite de Mademoiselle Le Gras, c’étaient elles qui contribuaient beaucoup, ainsi qu'il le voyait par les comptes, à l’entretien de la Compagnie, et qu il croyait que Dieu avait cela très agréable, que c’était un moyen par lequel elles se sanctifiaient et attiraient grande bénédiction de Dieu sur elles et sur La Compagnie.

Et voulant inculquer de plus en plus 1 amour de la pauvreté et cet abandon à la Providence dans lequel la Compagnie avait toujours été dès son commencement, sa charité nous dit qu’une personne de condition, le congratulant des bénédictions que Dieu répandait sur la Compagnie de la Mission, attribuait cela en partie à ce qu’il n’entrait pas beaucoup de personnes riches chez eux; qu’en effet il ne savait point qu’il y en eût qui eussent apporté de l’argent, que deux ou trois, dont un certain frère, qu’il nomma, en était un, qui avait apporté quatre ou cinq pistoles.

Après ce que dessus, Mademoiselle proposa à Monsieur Vincent ce qu’une sœur de la Compagnie, qui était aux champs, lui avait mandé au sujet de sa sœur compagne, laquelle elle devait envoyer ici après son retour d’un petit voyage qu’elle y avait fait il y avait quelques quatre ou cinq mois, pendant lesquels elle n’avait

point récrit, que depuis environ un mois ou trois semaines, qu’elle avait mande a Mademoiselle Le Gras que la dame qui les entretenait était sur le lieu et quelle avait prié que l’on ne changeât point ladite soeur compagne, tant qu’elle serait là.

Monsieur Vincent réduisit cela a deux questions, savoir si la sœur servante avait bien fait de différer de renvoyer sa sœur, suivant le désir de la dame; et en second lieu, s’il serait bon d’en user de même en pareil rencontre, disant pour raison qu il semble que la prudence doit faire faire ainsi en ce rencontre, parce que la dame qui les a fait aller là et qui sera peut-être la fondatrice, doit avoir quelque preference par-dessus les autres et que les fondateurs de tout temps avaient eu des privilèges, que l’Eglise même leur en avait accorde.

Ayant recueilli les voix, qui s’accordèrent toutes, que la sœur servante avait manqué de n’avoir pas fait partir sa sœur compagne, ainsi qu’il lui avait ete ordonne dès lors qu’elle fut de retour, quoiqu’on la crût en quelque façon excusable pour la qualité de 1 esprit de sa sœur, Monsieur notre très honoré Père dit aussi quelle avait tort; qu’encore qu’elle eût trouve quelque répugnance en sa compagne, elle la devait rendre capable d obéir, et, en cas de refus, en donner avis a Mademoiselle Le Gras, et qu’une sœur de la Chante ne devait jamais différer à faire partir sa sœur sitôt qu’elle en avait l’ordre de ses supérieurs.

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