‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 77 sur 314 · Canon IV · texte numérisé non relu

Canon IV

sa clémence infinie » ; Aller ingemuil, aller hbero contra Del misericordissimi veritatem fugnavit arbitrio.

Le bienheureux évêque de Genève, pour exprimer comment cela se fait, se sert de la comparaison des apodes 12, qui, [ne] se pouvant lever pour voler qu’a la faveur du vent et en étendant leurs ailes, ils peuvent, s ils se plaisent au lieu où ils sont, ne pas étendre leurs ailes, et le vent aura beau souffler, il ne les enlèvera pas, s ils ne le veulent et n’étendent leurs ailes. Cela paraît encore par la comparaison des pèlerins sus alléguée, par cehe de nos yeux, qui peuvent refuser les rayons du soleil, et par les navires qui sont sur mer, lesquels peuvent refuser l’effet du vent en n’étendant pas les voiles.

Voici des raisons pourquoi Dieu a laisse la hberte aux:

hommes de refuser sa grâce.

C’est qu'autrement l’homme aurait tout fait par nécessité, et n’ aurait pas eu par conséquent de mérite. Quel mérite a un forçat de saluer le général des galères! Un gentilhomme libre de la province lui fera plus d’honneur en le saluant que dix mille forçats.

Selon tout cela, il s’ensuivrait que l’homme n’a point de mérite au bien qu’il fait, ni au mal qu’il évite, et par conséquent qu’il n’y a point de récompense, ni par conséquent de paradis, et que, n’y ayant pas non plus d’enfer, comme il a été dit, nous travaillons en vain, faisonsle bien et fuyons le mal sans espérance de récompense, ni crainte d’un châtiment.

Bref, il s’ensuit, comme dit saint Thomas au livre De Lege Evangelica , que notre religion est vaine et pure folie; et de là vient peut-être que l’un des auteurs de ces belles opinions 13 dès qu’il entra là-dedans, il quitta le jeûne et l’abstinence, et [cessa de] célébrer la sainte

Page 1