‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 116 sur 500 · Camail noir · texte numérisé non relu

Camail noir

8. Fourrure que les chanoines portent d’ordinaire sur le bras.

le concordat. Or, la façon selon laquelle je me propose de le faire, et comme Monsieur le prieur a trouvé bon d’autrefois, est de dire l’office media voce sans chanter, excepté la grand’messe et vêpres les dimanches et fêtes.

Et voilà, Monsieur, les difficultés que je trouve aux propositions que M. le prieur me fit l’honneur de me faire hier au soir et lesquelles je vous supplie très humblement de lui proposer ce matin et de me mander son sentiment. J’ai une très parfaite confiance que, comme il regarde principalement la gloire de Dieu et le salut du peuple en ces affaires, et que voyant les inconvénients qui pourraient arriver si les choses se passaient comme il les a proposées, qu’il aura agréable la très humble représentation que je lui en fais, qui aimerais mieux que nous demeurassions toujours en notre- pauvreté que de détourner le dessein de Dieu sur nous. Je suis honteux de vous tant importuner ; votre charité me le pardonnera, s’il vous plaît.

Je suis cependant en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble et obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

Ce samedi matin.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’enverrai quérir le peintre demain et agirai selon ce

Lettre 92. — ■ L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original, i. La lettre n’est pas postérieure à l’année 1631, vu qu’il y est fait mention de Mademoiselle Sevin, morte au mois de décembre de cette même année ; d’autre part, divers indices nous empêchent de remonter plus haut.

que vous me mandez, et ferai savoir par même moyen aux gardes des pauvres malades de Saint-Sauveur ce que Mademoiselle Tranchot vous a fait dire pour Monsieur votre fils. Nous le verrons quand il vous plaira ; mais je ne pense pas que vous lui deviez faire prendre les ordres si tôt. Il n’est point en âge pour les ordres sacrés 2 ; et, pour les quatre mineurs, il n’y a point d’utilité ni de nécessité pour encore, et il faudrait qu’il se détournât de ses études pour s’y préparer ; ce qui lui serait un aussi grand dommage.

Que j’ai peine de votre peine ! Mais quoi ! tel étant l’ordre de la Providence, quel remède ? Ains quel mal véritable en devez-vous appréhender ? Eh bien ! c’est un homme qui dit que vous lui avez promis mariage 3 ; et il n’est pas vrai. L’on se plaint de vous à faux. Vous souffrez en votre intérieur à tort et sans cause. Vous craignez qu’on ne parle de vous ? Soit, mais assurezvous que c’est là un des grands moyens de conformité au Fils de Dieu que vous pourriez avoir sur la terre et que vous acquerrez par là des conquêtes sur vous, que vous n’avez jamais pu avoir. Oh ! que de vaines complaisances sont anéanties par là et que d’actes d’humiliation sont produits par ce moyen ! Or sus, il ne vous en peut arriver que tout bien et pour ce monde et pour l’autre. Fortifiez-vous donc là dedans contre les sentiments de la nature, et le jour viendra que vous bénirez l’heure de ce que Notre-Seigneur vous exerce de ce côtélà, et moi je suis, en son amour, votre très humble serviteur. V. D.

Je vous supplie m’excuser de ce que je ne vous ai point [fait porter] 4 cette réponse aujourd’hui ; l’em-

Page 1