‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 169 sur 500 · Jean Jaubert de Barrault · texte numérisé non relu

Jean Jaubert de Barrault

deaux 8 le premier et M. l’abbé Olier 9 10 le second. Mais si mondit seigneur l’archevêque n’a fait accommoder Sablonceaux lü, ni n’est sur le point de le faire présentement, il juge que vous ferez bien de traiter pour Pébrac. Reste donc à savoir l’intention de mondit seigneur de Bordeaux, laquelle, si elle ne regarde quelque exécution présente, il faudra traiter avec le tout bon Monsieur l’abbé Olier. Il y a dix-huit religieux dans cette abbaye. Il offre maintenant mille francs, dont il sera déchargé à proportion du décès des religieux. Ce sera à vous, Monsieur, à nous mander ce que vous aurez résolu avec Monseigneur de Bordeaux, qui s’en va vers vos quartiers, et à mandervotre volonté. Pour Monseigneur

8. Henri d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux (1629-

9. Jean- Jacques Olier, le célèbre fondateur du séminaire de Saint- Sulpice, que saint Vincent appelle « un homme abandonné à la grâce de Dieu et tout à fait apostolique », fut l’un des principaux restaurateurs de la discipline ecclésiastique au XVIIe siècle. Il était né à Paris le 20 septembre 1608. Après quelques hésitations, que saint Vincent finit par dissiper, il entra dans les ordres sacrés et reçut la prêtrise le 21 mai 1633. Les débuts de la carrière sacerdotale de Jean-Jacques Olier furent consacrés à l’œuvre des missions. Il prit part aux travaux des prêtres de Saint-Lazare, qu’il édifia par son zèle et son humilité. Pour des motifs encore inexpliqués, peut-être, comme on l’a dit, à cause d’une divergence de vues sur la question de savoir s’il devait accepter l’épiscopat, Olier passa de la di rection de saint Vincent, son confesseur depuis trois ans (1632-1635), sous celle du Père de Condren. Ce 11e fut pas l’abandon ; loin de là. « Pour les affaires extraordinaires, écrivait-il en 1649, nous ne manquons pas de voir M. Vincent, et pour les ordinaires tous nos frères assemblés. » Il ne commença le séminaire de Vaugirard et n’accepta la cure de Saint-Sulpice qu’après avoir pris l’avis du saint. « M. Vincent est notre père », disait-il souvent aux ecclésiastiques de son séminaire. Jean-Jacques Olier mourut le 2 avril 1657, assisté par son saint ami. Ce dernier consola les prêtres de Saint-Sulpice dans leur affliction, et l’on croit encore avoir un fragment de l’allocution qu’il prononça devant eux à cette occasion. ( Vie de M. Olier , par Faillon, 4e éd., Paris, 1873, 3 vol. in-8° ; Vie de J ean-J acques Olier , par Frédéric Monier, Paris, 1914, in-8°.)

10. Henri de Sourdis était abbé commendataire de l’abbaye située dans cette localité ; Alain de Solminihac y envoya deux religieux pour établir la réforme.

le cardinal de la Rochefoucauld 11 1 Monsieur d’Arles a jugé qu’il n’est pas encore expédient de lui en parler 12. Nous avons ici aussi Monsieur l’abbé de Foix 13, qui

11. François de la Rochefoucauld naquit à Paris le 8 décembre 1558. Il devint évêque de Clermont le 6 octobre 1585, cardinal en 1607, évêque de Senlis en 1611, abbé commendataire de Sainte-Geneviève de Paris en 1613. Il se démit de son évêché en 1622 pour se consacrer tout entier à la réforme des abbayes dépendantes des Ordres de Saint-Benoît, Saint-Augustin et Saint-Bernard, et obtint à cet effet, le 8 avril, du Pape Grégoire XV, le titre de commissaire apostolique et des pouvoirs spéciaux. Secondé par des hommes tels que saint Vincent, le P. Tarrisse et le P. Charles Faure, il fit refleurir dans les monastères l’ordre et la discipline. Le cardinal mourut le 14 février 1645 sous les yeux de saint Vincent, qui le prépara à paraître devant Dieu. Son corps fut enterré à Sainte-Geneviève et son cœur donné aux Pères jésuites. ( Les vertus du vrai -prélat représentées en la vie de VEminentissime cardinal de la Rochefoucauld , par le P. La Morinière, Paris, 1646, in-40 ; La Vie du Révérend Rère Charles Faure , abbé de Sainte- Geneviève de Paris, par Lallemand et Chartonnet, Paris, 1698, in-40.)

12. L’abbé de Chancelade fut obligé de différer la réforme de l’abbaye de Pébrac. Olier renouvela sa demande le Ier juin 1634, et ce fut avec plus de succès. Alain de Solminihac vint à Pébrac. Un accord fut conclu entre lui, Olier et les religieux de l’abbaye. Tout semblait arrangé quand des difficultés imprévues renversèrent les dispositions prises et mirent l’abbaye dans l’état où elle se trouvait auparavant,

13. François-Etienne de Caulet, né à Toulouse le 19 mai 1610, fut

pourvu en 1627 de l’abbaye Saint-Volusien de Foix. Il s’attacha à Jean-Jacques Olier, le suivit dans ses missions en Auvergne, au diocèse de Chartres et en d’autres points du royaume, le seconda dans son ministère paroissial et fonda, avec lui et M. du Ferrier, le séminaire de Vaugirard. Saint Vincent, qui connaissait l’abbé de Saint- Volusien, jugea qu’il ferait bien à la tête d’un diocèse. Grâce à lui, François de Caulet fut sacré évêque de Pamiers le 5 mars 1645. H déposa en 1638 contre l’abbé de Saint-Cyran. Evêque, il continua longtemps à combattre le jansénisme, interdit dans son diocèse la lecture des livres du parti et s’efforça de ramener dans le chemin de la vérité ceux qui s’en étaient écartés. La fréquentation de Nicolas Pavillon, évêque d’Alet, finit par le gagner à d’autres idées. L’évêque de Pamiers mourut le 7 août 1680, sans avoir fait acte de soumission à l’Eglise. ( Vies des quatre évêques engagés dans la cause du Port-Royal, par Jérôme Besoigne, Cologne, 1736, 2 vol. in-12 ; Un prélat janséniste, par G. Doublet, Paris, 1895, in-8°.)

M. Gazier, dont 011 connaît la compétence en tout ce qui touche au jansénisme, possède dans sa bibliothèque, si riche en livres et en manuscrits rares, une Histoire abrégée de la vie de M. François de Caulet, évêque de Pamiers, par le P. Gabaret, ms.

est un très bon jeune homme, qui nous voit souvent et avec confiance. Son abbaye est de votre Ordre, dont la mense des religieux, compris les offices et bénéfices qui en dépendent, vaut dix mille livres. Il veut avoir la réforme à quelque prix que ce soit et en a déjà commencé à parler de deçà ; mais comme l’on lui a parlé de Chancelade, le voisinage lui fait souhaiter ce service. Vous savez que Foix est auprès de Toulouse ; et Dieu sait que vous êtes une des personnes du monde à laquelle Notre-Seigneur m’a donné plus de confiance, et que je suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

De Paris, ce 23 août 1633.

Suscrifttion : A Monsieur Monsieur l’abbé de Chancelade.

[Vers le 2 septembre 1633 * 1.]

Mademoiselle,

Marie m’a fort industrieusement, affectionnément et humblement répondu qu’elle est prête à faire ce que vous voudrez et en la manière que vous voudrez, qu’elle est seulement marrie de ce qu’elle n’a pas assez de jugement, de force et d’humilité pour servir à cela, mais que vous lui direz ce qu’il faudra qu’elle fasse et qu’elle suivra entièrement vos intentions. Oh ! qu’elle

Lettre 147. — Manuscrit Saint-Paul, p. 79.

1. La phrase finale, si toutefois elle n’est pas interpolée, nous oblige à placer cette lettre avant les lettres 161 et 163, qui sont des premiers mois de l’année 1634. Elle pourrait être de 1632 ; nous la croyons plutôt de 1633. Quoi qu’il en soit, elle été écrite sûrement très peu de jours après le 2 septembre. (Voir note 2.)

me paraît bonne fille ! Certes, Mademoiselle, je pense que Notre-Seigneur la vous a donnée lui-même pour s’en servir par vous.

Que vous dirai-je du reste de votre lettre, sinon que je loue Dieu de ce qu’il vous a consolée le jour de saint Lazare 2, aux Bons-Enfants, et que ce qu’il me semble qu’il demande de vous, c’est d’honorer sa sainte Providence en votre conduite, sans vous presser ni vous empresser ? Je tâcherai d’aller apprendre les sentiments que Notre-Seigneur vous a donnés pour cela. Mais pour Chartres 3, je ne vois pas le moyen d’y aller, car nous voici au fort de nos plus importants affaires.

Quant à ce que vous dites, que vous avez besoin de quelque correction pour vous retenir de votre déchet, nous le ferons, s’il plaît à Dieu.

L’embarras m’a fait retenir Marie jusques à présent. Envoyez-la tous les jours visiter ces bonnes filles de l’Hôtel-Dieu, si vous pouvez lui donner ce temps-là 4 ; mais qu’elle fasse en sorte que cette bonne demoiselle n’en soit pas peinée, s’il vous plaît.

Madame Forest 5 désire fort avoir liaison avec vous ; c’est une bonne et vertueuse dame ; et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur...

Page 1