Saint Lazare était fêté le 2 septembre
3. Saint Vincent et Louise de Marillac allaient quelquefois faire leurs dévotions à Notre-Dame de Chartres. Peut-être, à la veille du jour où devait prendre naissance la compagnie des Filles de la Charité, les fondateurs voulaient-ils mettre leur projet sous la protection de Marie.
4. Si cette phrase appartient vraiment à la lettre, il est difficile de comprendre ce que sont les « bonnes filles » dont parle ici saint Vincent ; il est peu probable qu’il ait employé ce mot pour désigner les religieuses augustines.
5. Un des témoins du procès de béatification de saint Vincent, Alexandre-Antoine de Francelles, curé de Saint-Jean-en-Grève, à Paris, présenta au tribunal vingt-sept lettres du saint à Madame Forest, sa dirigée. Ces lettres sont toutes perdues.
Cela s’entend, Mademoiselle, quil est à propos de remarquer les affections plus vives qui agitent votre cœur, afin de faire votre possible de les régler au niveau de la sainte et toujours adorable volonté de Dieu. Et vous avez bien fait, en ce doute, de vous en éclaircir, pour faire ce que Notre-Seigneur demande de vous, sans crainte que je m’en trouve chargé. Sachez-le pour une bonne fois, Mademoiselle, qu’une personne que Dieu a désignée en son conseil pour aider quelqu’autre, ne se trouve non plus surchargée des éclaircissements qu’elle demande, que fait un père d’un sien enfant.
Pour cette bonne femme, Madame Sarvoisy, je pense qu’il sera à propos de s’en enquérir de ces bons Messieurs-là, devant que de venir au fait et au prendre. Mais nous n’en sommes pas encore là, pource que nous avons proposé à Sainte-Marie de la reconnaître pour savoir si elle a vocation pour cette sainte maison ; et, quand elle aura été reconnue et éconduite de ce côtélà, alors l’on fera ce que vous proposez.
Assurez-vous, Mademoiselle, du cœur de celui qui est, en celui de Notre-Seigneur et en son amour, votre très humble serviteur, et permettez que j’y ajoute la recommandation de la sainte indifférence, quoique la nature gronde au contraire, et que je vous die que tout est à craindre jusques à ce qu’on en soit parvenu là, nos inclinations étant si malignes qu’elles se recherchent en tout. Or sus, Notre-Seigneur soit en notre cœur et notre cœur dans le sien, afin qu’ils soient trois en un et un en trois et que nous ne voulions que ce qu’il veut.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 148. — L. a.
Dossier des Filles de la Charité, original.
Mademoiselle,
[Entre 1632 et 1636 * 1.]
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je viens tout présentement de lire la vôtre en hâte ; elle me met un peu en peine à cause de votre petite fièvre. Je vous supplie d’envoyer quérir M. Le Sourd ; c’est que vous avez trop mis à vous repurger ; mais j’espère que cela ne sera rien pourtant Je vous dirai cependant que l’intention de Madame Goussault est que cette bonne fille de Montdidier soit de la Charité. Regardez-la donc comme cela, s’il vous plaît.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
A dix heures.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, rue de Versailles, vis-à-vis de l’Epée-Royale 2.
Lettre 149. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Date du transfert à La Chapelle de la maison-mère des Filles de la Charité.
2. Cette petite rue, parallèle à la rue d’Arras, reliait, comme celleci, la rue Saint-Victor à la rue Traversière ou Traversine. La maison vis-à-vis l’enseigne de l’Epée-Royale était au milieu de la rue de Versailles. Son emplacement se trouve actuellement à peu près au centre du triangle formé par le croisement des rues Monge, d’Arras et des Ecoles. C’est là probablement que prit naissance, le 29 novembre 1633, la compagnie des Filles de la Charité.