‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 171 sur 500 · A MICHEL ALIX, CURÉ DE SAINT-OUEN-L’AUMONE · texte numérisé non relu

A MICHEL ALIX, CURÉ DE SAINT-OUEN-L’AUMONE

16 septembre 1633.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais S

Le bien de la paix et de l’accommodement dans les procès est chose si grande et agréable à Dieu qu’il dit à un chacun : Inquire fiacem et fersequere eam. Il ne dit pas seulement que l’on l’agrée, cette divine paix, quand l’on la nous offre, mais que nous la recherchions et courions après elle. Or, je loue Dieu de ce que vous voulez faire cela en quittant tous vos affaires pour aller terminer le différend que vous avez en vos quartiers ; mais je pense qu’il est important à la gloire de Dieu que vous différiez votre voyage jusques au lundi après le dimanche du mois. Vous avez ici vos deux vicaires, qui sont en bon train, Dieu merci, et nous édifient beaucoup, auxquels les exercices qu’ils font n’étaient pas moins nécessaires en quelque façon qu’utiles. Vous ne pourriez les rappeler avant la huitaine sans préjudicier à l’Eglise en général, à la vôtre en particulier et à eux. Et puis, l’assemblée prochaine de messieurs les curés, qui est de très grande importance et qui requiert absolument votre présence, vous n’y sauriez encore manquer sans préjudicier au bien de l’Eglise en général et à autant d’Eglises particulières comme il y a de curés. C’est pourquoi, Monsieur, je pense que vous ferez bien d’écrire ou à la personne avec laquelle vous avez à faire, ou à quelqu’autre qui s’entremet pour vous accommoder, que vous êtes retenu par ces deux raisons de partir au plus tôt,

Lettre 150. — Reg. I, f. 14. Le copiste note que l’écriture de l’original était de saint Vincent lui-même.

mais que vous ne manquerez pas de ce faire le jeudi d'après le premier dimanche du mois, pour vous rendre au lieu où il faut pour procéder à cet accommodement, dans l'esprit de paix que N.-S. vous a donné. Ce que je vous dis néanmoins, Monsieur, c’est avec toute la soumission et déférence que je vous dois et que je désire vous rendre toute ma vie en N.-S., et dans la confiance que j’ai qu’il n’y a personne au monde si difficile, si elle a quelque disposition à l’accommodement, qui n’agrée vos raisons et ne diffère jusques à ce temps-là, pendant lequel même l’on ne fait rien en justice. Et puis j’espère, Monsieur, que, si quaerimus sic primo regnum Dei} omnia adjicientur no bis in bonum.

Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

[Août ou septembre * 1 vers 1633 2-]

Madame 3,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je viens de recevoir votre lettre, qui m’a mis un peu en peine pour votre rechute, et crains bien que vous ne vous soyez exposée trop tôt. Oh bien ! béni soit Dieu ! Je vous supplie, Mademoiselle, au nom de Notre-Seigneur, de faire tout votre possible pour vous ménager,

Lettre 151. — L. a. Original chez les prêtres de la Mission de Saint-Sylvestre, à Rome.

1. Epoque de l’année choisie habituellement par le saint pour faire sa retraite annuelle.

2. Cette lettre semble écrite peu avant l’institution des Filles de la Charité.

Page 1