A ISABELLE DU FAY
Mademoiselle,
[Entre 1626 et 1635 L]
La grâce de N. -S. soit avec vous pour jamais !
Je vous remercie très humblement de tout le contenu de votre lettre et ai été tout consolé de ce que vous me mandez par icelle, et me promets bien en effet que je vous trouverai toute forte et généreuse. Or sus, devenons-le donc, Mademoiselle, et tirons notre force de notre faiblesse, qui sert de sujet à N.-S. pour se rendre notre force lui-même.
Je loue Dieu de ce que vous me mandez de M. votre frère 2, Mademoiselle, et le prie qu’il aille s’affermissant de plus en plus dans la fidélité que N.-S. demande de nous.
Je me porte encore mieux que ces jours passés, et le médecin, qui vient de sortir de céans, me conseille de m’en aller à la mission au premier beau temps qu’il fera, à deux lieues d’ici, où l’on la va faire. Je ne manquerai cependant de me ressouvenir de vous au saint Sacrifice,
3. Bulle Salvatoris Nostri. ( Acta Afostolica in gratiam Congregaiionis Missionis, Paris, Chamerot, p. 3 ; Arch. nat., M 209, n° 6.) Bien que datée du 12 janvier 1632, cette bulle n’était pas encore promulguée au moment où saint Vincent écrivait cette lettre. Le passage qui choquait le saint fut supprimé.
Lettre 157. — Reg. 1, f° 68 v°. Le copiste note que l’écriture de l’original était de saint Vincent lui-même.