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En récompense, par compensation

12. Etienne Meyster fut l’un des plus grands missionnaires du XVIIe siècle. M. du Ferrier disait de lui qu’il était « le premier homme du monde pour les missions » et le P. de Condren, que « c’était un homme à opposer à l’antechrist ». Il était né en la ville d’Ath (Belgique), de l’ancien diocèse de Cambrai. La réputation de saint Vincent de Paul l’attira. Il entra dans la congrégation de la Mission à la fin de 1634, après avoir reçu le sous-diaconat, fut ordonné prêtre en 1635 et quitta saint Vincent en 1636 pour s’associer à Jean-]acques Olier et se mettre sous la direction du P. de Condren. Il prêcha en divers lieux avec grand succès. La mission d’Amiens fut particulièrement célèbre. Il avait conquis un tel ascendant sur le peuple, a-t-on dit, qu’il aurait pu livrer la ville aux Espagnols. Le P. de Condren écrivait un jour à M. Olier : « Nous avons à le vénérer et à nous humilier de ce que nous ne sommes pas dignes de la grâce

vant13. Monsieur de la Salle reçoit beaucoup d’assistance de Dieu en sa mission14; ceux qui sont en Normandie aussi. L’on s’en va partir pour deux ou trois endroits du diocèse de Chartres et pour deux de ce diocèse. J’ai mandé à M. du Coudray de s’en revenir avec Monsieur Gilioli 15.

Et voilà toutes nos nouvelles. Je n’ai point encore lu votre lettre à la compagnie ; je le ferai demain, Dieu aidant, en l’amour duquel je salue et embrasse chèrement le bon Monsieur Lucas et vous aussi, Monsieur, sans oublier le bon frère Philippe et ni la simplicité dans laquelle je vous ai parlé et suis à vous, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

De Paris, ce ier de mai 1635.

Suscription : A Monsieur Monsieur Portail.

que Dieu lui fait... Je reconnais, ce me semble, et honore en lui quelque chose de la grâce apostolique à laquelle je supplie Notre-Seigneur de nous donner quelque part. » Et il ajoutait plus loin : « Il ne faut pas qu’il serve de règle aux autres. » M. Meyster ne marchait pas en effet par les voies communes. Son jugement n’était pas à la hauteur de son grand talent. « Il était de petit sens et fort visionnaire », a écrit le P. Rapin ( Mémoires du P. René Rafin, éd. Aubineau, Lyon, 3 vol. in-S10, t. I, p. 50.) Subitement frappé d’aliénation mentale au milieu d’un sermon qu’il donnait en plein air à Metz, sous un soleil brûlant, il termina misérablement ses jours peu après. On trouve d’assez nombreux renseignements sur Meyster dans la Vie de M. Olier, par Faillon. Saint Vincent dit dans sa lettre qu’un cousin de M. Meyster demandait son admission dans la congrégation de la Mission ; c’était Charles Aulent, né le Ier février 1614 à Ath, reçu parmi les missionnaires à la fin de 1636, ordonné prêtre en 1640 et admis aux vœux le n décembre 1644.

13. Il était et il est encore d’usage dans la congrégation de la Mission de donner aux clercs le nom de frères et de réserver aux prêtres celui de Messieurs. Quand M. Portail quitta Saint-Lazare pour aller en mission, Etienne Meyster n’était pas encore prêtre ; on l’appelait communément Frère Etienne. Depuis son ordination, qui remontait à peu de jours, il était devenu M. Meyster.

14. Jean de la Salle et Jean Brunet donnaient des missions du côté de Bordeaux.

15. Tous deux étaient à Rome ou peut-être en route pour Paris.

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