A ANTOINE LUCAS
28 juin 1635.
Le saint blâme avec douceur Antoine Lucas de ses procédés envers les hérétiques, qu’il traite avec mépris et provoque à la dispute.
[Juin ou juillet 1635 L]
La grâce de Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais !
je parlai hier à la compagnie des ecclésiastiques de ce que Madame la présidente Goussault m’avait mandé touchant l’état de l’Hôtel-Dieu ; mais enfin il a été résolu de différer encore pour quelques jours. Il vaut mieux laisser dire le monde que d’exposer tant de personnes, dont l’inconvénient d’une seule peut anéantir l’œuvre tout à fait. Et puis, l’on dit que ces bonnes hiles ne sont pas tant à croire en cette matière-là.
Mon Dieu ! que je suis en peine de votre pauvre hile Barbe 2 et de l’autre qui est malade à rHôtel-Dieu,
Lettre 198. — Collet, op. cit., i. I, p. 247.
Lettre 199. — L. a. — Bibl. Nat. 11. a. f. 22.741, f° 285, original.
1. Cette lettre précède de peu la lettre 201, qui est du 13 juillet 1635.
2. Barbe Angiboust occupe dans l’histoire des Filles de la Charité des vingt-cinq premières années une place importante, la plus importante assurément après Louise de Marillac. Entrée en communauté le L‘ juillet 1634, à l’âge de vingt-neuf ans, elle fut reçue aux vœux le 25 mar# 1642. Le saint fondateur la mit à la tête des maisons fondées à Saint-Germain-en-Laye (1638), Richelieu (1638), Saint- Denis (1645), Fontainebleau (1646), Brienne (1652), Bernay (1655) et Châteaudun (1657), °h elle mourut le 27 décembre 1658. Elle avait en 1641 la conduite des sœurs employées au service des galériens. Rien de plus édifiant que la conférence que l’on fit sur ses vertus à la maison-mère le 27 avril 1659.
comme aussi de la bonne Madame Mussot ! Je ne les vous recommande point ; vous en avez assez de soins. Mais surtout je suis en peine de ce que vous me dites, que vous pouvez si peu de chose que c’est une pitié. Mais je crains que vous-même ne soyez malade. IVIandez-le-moi, je vous en prie; et si cela est, ne retournez pas à rHôtel-Dieu. Marie 3 suppléera à votre défaut ; sinon, je pense que vous ferez bien d’y faire un tour demain, et peut-être que vous couchiez, et vous en retourner, le lendemain, à Saint-Nicolas pour apprivoiser peu à peu Marie à ces hiles, et elles à Marie.
Mais que vous dirai -je de Mademoiselle Laurent ? Elle paraît de bon esprit ; mais son âge me fait peur ; néanmoins, si vous jugez à propos de la faire venir à rHôtel-Dieu en passant 8 deux ou trois jours avec elle, et, après cela, aller et venir de Tune maison à l’autre, en attendant le temps opportun pour aller aux champs, faites-ie Elle verra et vous la verrez, mais faites-lui bien entendre que ce n’est qu’un essai, et à votre cœur que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
Suscrifition : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras
Mademoiselle,
[Juin ou juillet 1635 * 1 *-1
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !