Bernard ou Gayon de Paul
pauvre frère aura besoin de delà, pour l’amende à laquelle il est condamné, et aux dépens pour sa part, et pour s’en retourner, je le vous rendrai avec le surplus. Et pource qu’on m’a dit qu’il a quelque pensée de venir en cette ville me voir, je vous supplie, Monsieur, de l’en détourner, tant à cause de son vieil âge, que pource que, quand il y serait, je ne pourrais lui rien donner, n’ayant la disposition de quoi que ce soit pour lui pouvoir donner.
Je parle au bon M. de Fonteneil comme au cœur de mon cœur et comme à celui que je chéris plus que je ne puis exprimer, qui suis, en l’amour de N.-S. et de sa sainte Mère, son très humble et très obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
Mademoiselle,
Mon Dieu, que vous êtes une brave femme d’avoir fait tout ce que vous me mandez ! Or sus, il ne faut point demeurer en si beau chemin. Si les difficultés qu’on vous oppose arrivent et empêchent le succès, quitte pour le quitter. 11 n’y a point obligation à péché mortel, ni véniel. Les pauvres auront eu cependant ce soulagement, et les personnes qui les auront assistés, le mérite. Bien volontiers, je désire que nous soyons de ce bienheureux corps et vous remercie de ce que vous nous fournissez de personnes pour cela.
Lettre 205. — Manuscrit Saint-Paul, p. 41.
Mademoiselle,
[Entre 1632 et 1650 * 1.]
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Béni soit Jésus-Christ souffrant de ce qu’il vous redonne la santé ! Oui certes, Mademoiselle, je vous aiderai à en faire la volonté de Dieu, moyennant sa grâce et le bon usage qu’il faudra que vous en fassiez ; et je pense, en effet, qu’il sera bon que vous alliez à la campagne, quand vous serez un peu plus forte, pour achever de vous fortifier en faisant du bien.
Nous avons ici 2 trente-cinq ou 36 externes ordinands et exercitants. J’espère qu’il nous restera quelque petit taudis pour mettre M. votre fils, et le ferons purger et saigner lundi ; car, pour les Bons-Enfants, il y a trois jeunes hommes qui y font leur retraite et qui occupent tous nos lits.
Nous avons ici une jeune fille luthérienne d’Allemagne, habillée en laquais, qu’on nous a envoyée de la mission de Gonesse 3, du consentement d’un gentilhomme, qui l’entretenait. Elle désire se convertir de mœurs et de religion 4...
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 206. — L. a. — Dossier des Fiiles de la Charité, original.
1. Dates de l’entrée des prêtres de la Mission à Saint-Lazare et du mariage de Michel Le Gras.