‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 284 sur 500 · Le cardinal de Richelieu · texte numérisé non relu

Le cardinal de Richelieu

Lettre 250. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

De Saint-Lazare., ce mercredi matin [1636 L]

Mademoiselle,

La grâce de Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voilà donc cette bonne fille partie sans dire mot. Béni soit Dieu ! Oh ! qu’elle perd une grande couronne ! Il faut pourvoir à sa place. Que vous semble, Mademoiselle, si vous preniez pour cela ma sœur Geneviève, de l’Hôtel- Dieu, et vous mettiez à sa place Madame Pelletier * 1 2 ou Madame Turgis. Il est besoin d’une personne de considération en ce lieu-là, tant pour les rencontres qui y arrivent pour les enfants 3, que pour recevoir les dames. La première, Madame Pelletier, me semble plus convenable en ce lieu-là, tant pource qu’elle sera fort propre pour faire l’un et l’autre, que pource que c’est le quartier de Madame Turgis, qui lui pourrait être à tentation. Si cela vous revient, je vous prie de le dire de ma part à Madame Pelletier, et que je la prie, avec vous, d’aller rendre ce service à Dieu en ce lieu-là.

Je vous serais allé voir, n’était une petite indisposition

Lettre 251. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Le mot relatif à la sœur Geneviève semble demander que cette lettre soit mise à côté de la lettre 255, qui a dû la suivre de très près.

2. Ne serait-ce pas Catherine Vialart, épouse, depuis le 10 août 1632, de Nicolas Pelletier, neveu de Madame Goussault, seigneur de la Houssaye et maître des comptes, qui entra dans les ordres après la mort de sa femme ? Si c’est elle, et tout porte à le croire, saint Vincent, en la recevant parmi ses Filles de la Charité, où du reste elle ne persévéra pas, fit en sa faveur une exception dont on ne trouve aucun autre exemple.

Catherine Vialart était fille de Madame de Herse.

3. Les enfants trouvés apportés à l’Hôtel-Dieu, d’où ils étaient envoyés à la Couche.

que j’ai ; que si, l’après-dînée, je le puis, je vous irai voir. Ne perdez pas de temps en tout cas et communiquez la présente à Madame Pelletier, à ce qu’au plus tôt elle aille rendre service à Dieu en ce lieu-là. Les personnes de la Charité ont ce bonheur d’avoir ce rapport avec Noire-Seigneur d’aller comme lui tantôt en un lieu et tantôt en un autre, pour l’assistance du prochain. O Mademoiselle, quel bonheur d’avoir cette conformité avec le Fils de Dieu, et quelle marque bienheureuse de leur prédestination pnt les Filles de la Charité en cela ! Plaise à Notre-Seigneur de leur donner à toutes les dispositions qu’il faut pour cela ! Je l’espère de sa bonté et suis, en son amour, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.

Vincent Depaul.

Suscrifttion : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

Mademoiselle,

Puisque vous avez fait trouver bon à vos dames la privation de Geneviève, envoyez-la, s’il vous plaît, donc ; mais qu’elle aille à pied, étant incommodée comme elle est, il est à craindre quelle ne prenne quelque maladie. C’est pourquoi je pense qu’il est à propos de la faire aller dans le carrosse de Senlis, qui part demain, ou dans

Lettre 252. — L. a. — Original chez les prêtres de la Mission du collège Saint-Vincent à Castleknock, près Dublin.

1. Les lettres 241, 252 et 255 ont des liens communs qui nous permettent de les rapprocher. Or, la lettre 241 est, à n’en pas douter, de

la charrette de Clermont 2. Si c’est par le coche de Sentis, elle pourra aller de là à Verneuil 3, qui est le droit chemin, et de là à Liancourt. Ce seront trois lieues qu’il lui faudra faire à pied. Si c’est par celui de Clermont, elle pourra se faire descendre au droit de Liancourt. Je vous envoie un écu pour cela et vous prie de vous bien nourrir avec toutes vos richesses, car, en vérité, je crois que vos incommodités ne vous arrivent que faute de cela. Faites-le donc, s’il vous plaît, pour l’amour de Dieu.

Quant à ces filles, je ne saurais que vous en dire, parce que je ne les ai pas vues. Je ferai entendre à la bonne Marie 4 l’importance qu’il y a de préférer les plus propres, et à Mademoiselle de la Bistrade, à son retour de Bourgogne, le jugement que vous faites de leurs dames,* à la charge que vous m’excuserez de ce que je n’ai pu travailler à notre règlement de Liancourt. Je le ferai au premier jour selon votre mémoire.

Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

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