‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 291 sur 500 · La Mère Agnès Le Roy · texte numérisé non relu

La Mère Agnès Le Roy

4. Saint Vincent craignait que l’absence de lien moral entre les couvents de la Visitation, qui étaient autonomes et sous la dépendance des Ordinaires des lieux, n’amenât avec le temps une déviation profonde de l’esprit primitif et une diversité regrettable. Pour prévenir ce danger, il 11e voyait rien de mieux que l’institution de Visiteurs, qui iraient, à des époques régulières, faire la visite canonique des monastères pour réprimer les abus et veiller à la conservation des traditions de l’Ordre. Sainte Chantal, de son côté, repoussait ce projet comme portant atteinte à l’autorité épiscopale. Ils reviendront l’un et l’autre sur cette question, sans réussir à se convaincre mutuellement.

pratiqués jusques ici , et lesquels les ont tenues unies et liées ensemble , je pense seulement , mon cher Père , que pour entretenir la mémoire de notre communication et donner un peu d'attention aux supérieures de ne rien changer ni innover en nos institutions et coutumes } et de conserver la sainte union en tout ce qu'il leur sera possible avec les autres maisons et spécialement avec celle-ci d'Annecy , comme avec la mère et maîtresse de toutes les autres , pour s'y conformer en tout ce qu'il a reçu de son saint fondateur , ainsi qu'il s'est pratiqué jusques ici 5. Si vous trouvez cela bon3 vous pourrez dire à nos sœurs de le faire 3 mon très cher Père.

Mais dite s-moi , s il vous plaît , comment vous trouvez à votre gré nos sœurs de ce lieu-là. ]e les trouvai fort au mien quand nous y passâmes . Dieu leur fasse la grâce de cheminer dans leur voie avec sincérité et simplicité et de vous rendre leur très humble obéissance selon cet esprit. Soyez-nous toujours vrai père et protectecir , je vous en supplie , et faites par votre soin paternel que les volontés de celui que vous honorez au ciel soient fidèlement gardées en la terre par ses filles. C'est tout le bien que je leur souhaite , et à vous , mon très cher Père) la plus haute sainteté qui se puisse acquérir en ce monde.

Faites-moi l'honneur de me tenir toujours ( car je le suis pour jamais) votre très humble...

Dieu vous bénisse, Mademoiselle, de ce que vous êtes allée mettre vos filles en faction à l’Hôtel- Dieu et de tout ce qui s’en est ensuivi * 1 ! Mais, au nom de Dieu, conservez-vous. Vous voyez le besoin qu’on a de votre chétiveté et ce que votre œuvre deviendrait sans vous.

Je rends grâces, de plus, à Notre-Seigneurde celle qu’il fait à vos filles d’être si bonnes et généreuses. Il y a apparence que sa bonté supplée à ce que vous dites que

Page 1