‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 3 sur 500 · Lettre du 24 mai 1637 à Louise de Marillac · texte numérisé non relu

Lettre du 24 mai 1637 à Louise de Marillac

naissant des bienfaits reçus, plein de respect pour les personnes constituées en dignité.

Il va droit au but, sauf quand il a un reproche à faire, car alors il commence par s’humilier lui-même.

Il ne faut pas chercher dans ses citations scripturaires, faites le plus souvent de mémoire, la reproduction absolument fidèle du texte sacré.

Il savait donner à sa phrase un tour original, par exemple: « M. Alméras n’a plus de fièvre, ni moi d’autres nouvelles à vous donner13 », ou quitter le ton sérieux pour dire un mot plaisant : « Je suis fort consolé, écrit-il au supérieur de Turin14, de ce que notre frère Desmortiers a déjà fait un tel progrès en la langue qu’il sait dire: Signor , si. » Après avoir raconté le naufrage d’un vaisseau qui portait des missionnaires envoyés à Madagascar, le saint ajoute15 que ceux-ci, montés sur une petite barque, avec des provisions pour trois ou quatre jours, arrivèrent à Saint-Jean-de-Luz après deux grandes semaines « en bonne santé et avec bon appétit ».

Bien que saint Vincent ne fût guère sujet aux distractions, on en remarque quelques-unes dans sa correspondance. Une de ses lettres à Pierre Escart, prêtre de la Mission16, se termine par les mots « qui suis, en son amour, Madame, votre très humble serviteur ». Ce titre de Madame , il le donne deux fois à Mademoiselle Le Gras, sans y penser17. Deux lettres

13. Lettre du 19 juin 1654 à Thomas Berthe. Voir encore les lettres du 14 août i638 à Robert de Sergis et du ier décembre 1646 à Antoine Portail.

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