LOUISE DE MARI L LAC A SAINT VINCENT Monsieur
J'espère que vous me 'pardonnerez la liberté que je prends de vous témoigner Vimpatience de mon esprit , tant pour le long séjour passé que sur V appréhension de l avenir , et de ne savoir le lieu où vous allez , après celui où vous êtes . Il est vrai , mon Père , que la pensée du sujet qui vous éloigne est
3. Les religieuses dominicaines tenaient à Poissy (Seine-et-Oise) un pensionnat renommé, où Louise de Marillac avait passé quelque temps dans sa jeunesse, sous la direction d’une cousine germaine de son père, qui a composé diverses poésies, et de la prieure Jeanne de Gondi- A cette dernière avait succédé Louise de Gondi, sa nièce, dont l’élection fut longtemps contestée, bien que sa validité eût été reconnue par le roi, le R. P. Siccus, général des Dominicains, et le Pape lui-même. En 1625, le R. P. Siccus dressa de nouveaux statuts, qu’il fit approuver par le Saint-Siège. L’article 5 portait « que la Mère Louise de Gondy, maintenant prieure, demeure en sa charge, selon la concession apostolique qui lui a été faite ; mais si elle vient à se démettre ou à décéder de cette vie, qu’une prieure nouvelle soit élue par les soeurs vocales suivant les statuts et règlements du concile de Trente, de nos constitutions et des chapitres généraux ; laquelle prieure, ainsi élue et confirmée par le provincial, soit réellement triennale ; et que l’on observe dorénavant et perpétuellement cela touchant l’élection et le temps des prieures ». Cet acte ne ferma pas la bouche aux protestataires. On trouve des détails intéressants sur cette affaire à la Bibl. Nat., fonds Joly de Fleury, 1475.