‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 34 sur 500 · Louise de Gondi · texte numérisé non relu

Louise de Gondi

Lettre 14. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

un ^eu ci adoucissement à ma peine , elle ri empêche pas

que , dans ma fainéantise , jours quelquefois ne me semblent des mois. Je veux pourtant attendre avec tranquillité Vheure de Dieu et reconnaître que mon indignité la retarde.

j'ai bien reconnu que M ademoiselle du F ay , outre son ordinaire , a un peu le cœur pressé de désir. Nous passâmes le jour de la Pentecôte ensemble. Après le service , elle eût bien voulu avoir liberté de me parler ouvertement , mais nous demeurâmes dans l'attente et désir de faire la volonté de Dieu.

D ouvrage que sa charité rri a donné est fait. Si les membres de Jésus en ont besoin et qu'il vous plaise , mon Père , que je vous V envoie, je riy manquerai pas. Je n'ai pas voulu le faire sans votre commandement.

Enfin , mon très honoré Père , après un peu d' inquiétude , mon fds est au collège et , grâce à Dieu, très content , et s'y porte bien. Si cela continue , je suis prou forte de ce côté-là 1.

Permettez-moi , mon Père , de vous importuner encore sur le sujet d'une file âgée de 28 {ans], qu'on veut faire venir de Bourgogne pour me donner. Elle est de bonne connaissance et vertueuse } à ce qu'on m'a dit ; mais auparavant celle-là , la bonne file aveugle des Vertus 2 m'avait dit que celle qui était avec elle , âgée de 22 [ans~], pouvait peut-être venir céans. Elle esr dans la conduite des Révérends Pères de l'Oratoire y a quatre ans et tout à fait villageoise . Je ne suis pas assurée qu'elle veuille venir ; néanmoins elle m' en témoignait quelque désir. Je vous supplie très humblement , mon Père , me mander ce que je ferai pour cela.

La personne qui va en Bourgogne doit partir lundi et, Pensant votre retour cette semaine, je lui promis réponse.

Notre bon Dieu a permis à mon âme plus de sentiment de lui que V ordinaire depuis un mois ; mais je ne laisse d' être toujours dans mes imperfections. Quand je ne mettrai point d'empêchemcnt aux effets des prières que j'espère de votre charité , je crois que je m' amenderai.

J'ai bien eu désir , ces jours passés , que vous vous souvinssiez de me donner à Dieu et que vous lui demandassiez la grâce d' accomplir entièrement en moi sa sainte volonté , nonobstant les oppositions de ma misère. Donc que s , mon Pe*e, je

i- Pour favoriser la vocation de son fils, qui désirait se faire prêtre, Louise de Marillac l’avait placé au séminaire de Saint-Nicolasdu-Chardonnet, qu’avait fondé et que dirigeait l’austère et vertueux Bourdoise. C’est, semble-t-il, ce séminaire qu’elle appelle ici collège.

2. Localité englobée aujourd’hui dans la commune d’Aubervilliers ( Seine) .

vous fais en tonte humilité cette supplication et vous demande pardon de vous tant importuner , étant , par la bonté de Dieu , Monsieur, votre très obligée servante et indigne fille.

Ce 5 juin 1627.

[Octobre 1627 L]

Je vous remercie, Mademoiselle, de l’avis que [vous] me donnez de la charité * 1 2 de La bonne Mademoiselle du Fay, et vous prie de la garder jusques à ce que vous ayez lieu, si elle ne trouve pas bon qu’on la réserve et destine pour aller gagner des pauvres âmes à Dieu en ces pays de Poitou et des Cévennes. Que si elle 11e l’entend pas ainsi et qu’elle la désire faire appliquer aux pauvres gens de deçà, vous me ferez la faveur de me le mander et d’envoyer deux ou trois chemises à Mademoiselle Lamy 3 à Gentil ly 4 pour la Charité 5 de ce lieu-là.

Je vous écris environ la minuit, un peu harassé. Pardonnez à mon cœur s’il 11e s’épand un peu plus dans la présente. Soyez fidèle à votre fidèle amant qui est Notre- Seigneur. Soyez de plus toute simple et toute humble. Et moi je serai, en l’amour de Notre- Seigneur et de sa sainte Mère...

Lettre 15. — Manuscrit Saint-Paul, p. 77.

1. Cette lettre semble devoir être rapprochée de la lettre suivante.

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