‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 396 sur 500 · Jean-François Delabarre · texte numérisé non relu

Jean-François Delabarre

quoiqu’il sût le contraire, il a dû néanmoins croire les contractants. Il est là comme un juge qui doit ajouter plus de foi à ce que les parties lui prouvent, qu’au contraire qu’il a vu. Et voilà pour le premier cas.

Et pour le second, je doute que celui qui a acheté le pré, au cas du rachat dans trois ans, soit en bonne foi, à cause qu’il n’est pas vendu son juste prix. Il y a lésion d’environ soixante livres. Cet homme-là fera bien de libérer le vendeur de la rigueur de la clause qu’il ne pourra être reçu au rachat trois ans faits (?), ou bien qu’il lui donne soixante livres outre les cent pour la vente pure et simple. Par ce moyen, il achètera le pré au denier vingt, qui est le juste prix du bien en roture. Et puis cette nature de contrats qui portent la rigueur de la clause ci-dessus, est contre les bonnes mœurs, quand l’on ne donne le juste prix.

Voilà, Monsieur, ce que je vous puis dire de Fréneville, où je suis avec ma petite hévrotte de l’ordre d’Alexandre 3. Ouantité de monde demande ici de vos nouvelles. Frère Hubert 4 y fait incomparablement bien. Mademoiselle de la Grange est fort dangereusement malade ; elle crache son poumon. Ce sera une grande perte pour cette paroisse. Je la recommande à vos prières et salue très humblement le bon M. Abeline, M. Le Breton et le reste de 1a compagnie et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

De Fréneville, l’octave du Saint-Sacrement 5 1638.

Suscriftion : A Monsieur Monsieur Octobre, con-

Page 1