A LA MERE DE LA TRINITÉ
Ma très chère Mère,
La grâce de 1’union des cœurs de Jésus-Christ soit avec vous h
j’ai reçu celle qu’il a plu à votre charité de m’envoyer, de laquelle je vous remercie très humblement, comme aussi de toutes les bontés dont il plaît à votre chère âme d’user envers la mienne chétive et vers cette pauvre compagnie, et prie N.-S., qui vous a donné si abondamment part à son esprit, qu’il la vous augmente à l’inhni pour votre récompense, étant bien marri, ma très chère Mère, de la peine que je vous ai donné sujet d’avoir dans le rencontre de cet affaire. Mais quoi ! la charité est patiente. O ma chère Mère, que vous avez sujet d’espérer un beau fleuron à votre couronne par la patience que votre charité exerce vers nous en cet affaire ! C’est aussi la prière, ma chère Mère, que je fais à Notre-Seigneur et à vous, de ne vous pas lasser de nous supporter dans la peine que vous avez pour nous.
M. Dufestel me mande que la bonté de M. le commandeur se démet de ses sentiments pour s’accommoder à ma misère * 1 2 et que je fasse en sorte que M. le procureur général 3 écrive, et qu’aussitôt il parlera à Messieurs les magistrats. Je vous supplie, ma chère Mère, de l’en re-
Lettre 401. — Archives du séminaire Saint-Sulpice à Paris, ancienne copie authentiquée le 12 mars 1772 par l’évêque de Cydom.
1. Cette phrase n’a aucun sens ; le copiste a sans doute mal lu ; n’y avait-il pas sur l’original : La grâce de l’union des cœurs en Jésus-Christ soit avec vous Pou : La grâce de l’union des cœurs de Jésus-Christ et de Marie soit avec vous ?
2. Le commandeur de Sillery, peu porté tout d’abord à demander l’assentiment de la ville pour l’établissement de la maison des missionnaires dans le faubourg de Troyes, avait fini par se rendre aux instances et aux raisons du saint.